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            "summary": "Temps : le cadeau de l’amour - Comment définir le temps ? — Time: the gift of love - How can we define time? Ο χρόνος: το δώρο της αγάπης - Πώς ορίζουμε τον χρόνο; Beaucoup de cultures ont apporté de nombreuses réponses à cette question essentielle&hellip;",
            "content_html": "<section>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/img/jpg.jpg\" alt=\"\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Temps : le cadeau de l’amour - Comment définir le temps ? <br><strong>— </strong><strong>Time: the gift of love - How can we define time? </strong><br>Ο χρόνος: το δώρο της αγάπης  - Πώς ορίζουμε τον χρόνο;</p>\n<p>Beaucoup de cultures ont apporté de nombreuses réponses à cette question essentielle qui tourne autour du même thème, le plus important : la vie passagère de l’homme sur terre. Il y a une chanson magnifique que Michel Jourdan m’a écrite, « Le Temps qu’il nous reste » (si nous avons la chance de vieillir ensemble !). Michel fait partie des amis paroliers qui m’ont écrit les plus beaux textes, pleins de tendresse, et plusieurs font partie de mes grands succès. <br><strong>—  Many cultures have offered numerous answers</strong> to this fundamental question, all of which revolve around the same, most important theme: the fleeting nature of human life on earth. There is a magnificent song that Michel Jourdan wrote for me, ‘Le Temps qu’il nous reste’ (if we’re lucky enough to grow old together!). Michel is one of the songwriter friends who have written the most beautiful lyrics for me, full of tenderness, and several of them are among my greatest hits. <br>Πολλές κουλτούρες έχουν δώσει πολλές απαντήσεις σε αυτό το ουσιώδες ερώτημα, το οποίο περιστρέφεται γύρω από το ίδιο, το πιο σημαντικό θέμα: τη φευγαλέα ζωή του ανθρώπου στη γη. Υπάρχει ένα υπέροχο τραγούδι που μου έγραψε ο Michel Jourdan, «Le Temps qu’il nous reste» (αν έχουμε την τύχη να γεράσουμε μαζί!). Ο Michel συγκαταλέγεται στους φίλους-στιχουργούς που μου έχουν γράψει τους πιο όμορφους στίχους, γεμάτους τρυφερότητα, και πολλοί από αυτούς αποτελούν μεγάλες επιτυχίες μου. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/reste.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n</section>\n<blockquote>\n<p><strong> Le temps qu'il nous reste</strong> - Album : Une voix (1972) </p>\n<div>Quelle importance le temps qu'il nous reste Nous avons la chance de vieillir ensemble Au fond de mes yeux vivra ma tendresse Au fond de mon cœur vivra ta jeunesse Comme une prière du temps de l'enfance Ces mots sur tes lèvres me donne confiance Je nous imagine ta main dans la mienne Nos moindres sourires voudront dire je t'aime Mais l'un de nous s'en ira le premier Il fermera ses yeux à jamais Dans un tout dernier sourire Et l'autre en perdant la moitié de sa vie Restera chaque jour dans la nuit Son cœur bien sûr battra mais pour qui mais pour quoi Ton pas résonne la porte s’entrouvre Mon cœur bat plus vite et je te retrouve Quand nos mains se tiennent j'oublie tout le reste J'ai l'impression même que le temps s'arrête Mais l'un de nous s'en ira le premier Il fermera ses yeux à jamais dans un tout dernier sourire Un jour l'un de nous sera trop fatigué S'en ira presque heureux le premier Et l'autre s'en tarder ira le retrouver Je nous imagine ta main dans la mienne Nos moindres sourires voudront dire je t'aime.<br>(Pintucci / Di Bari / Masini / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Jourdan_(auteur-compositeur)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Michel Jourdan</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>Le temps passé avec ceux que nous aimons, le temps que nous n’avons pas pu passer à cause de la vie que nous menons, le temps que j’aurais voulu passer avec mes parents, avec mon ami Jean-Claude, avec mon ami Nikos Gatsos. Toujours ce temps que nous consacrons à bien faire notre travail, le temps donné à nos enfants, le temps de s’occuper de ceux qui demandent notre aide, le temps passé à l’écoute des autres, et le temps d’apprendre. <br><strong>—  The time spent with those we love,</strong> the time we were unable to spend because of the lives we lead, the time I would have liked to spend with my parents, with my friend Jean-Claude, with my friend Nikos Gatsos. Then there’s the time we devote to doing our jobs well, the time we give to our children, the time spent looking after those who ask for our help, the time spent listening to others, and the time spent learning. <br>Ο χρόνος που περνάμε με τους αγαπημένους μας, ο χρόνος που δεν καταφέραμε να περάσουμε λόγω του τρόπου ζωής που ακολουθούμε, ο χρόνος που θα ήθελα να είχα περάσει με τους γονείς μου, με τον φίλο μου Ζαν-Κλοντ, με τον φίλο μου Νίκο Γάτσο. Πάντα αυτός ο χρόνος που αφιερώνουμε για να κάνουμε καλά τη δουλειά μας, ο χρόνος που δίνουμε στα παιδιά μας, ο χρόνος που αφιερώνουμε για να φροντίσουμε όσους ζητούν τη βοήθειά μας, ο χρόνος που αφιερώνουμε για να ακούμε τους άλλους, και ο χρόνος για να μαθαίνουμε. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/ydreams.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Yesterday's dreams</strong> - Album : Love goes on (1976) </p>\n<div>Yesterday' s dreams Like birds in the winter Have gathered together And flown to the sun Yesterday' s promises Like shells in the ocean All shattered and broken Like yesterday' s dreams You are my harbour My dream of tomorrow My promise of sunshine My shield from the storm My sweet companion We' ll journey together And not be defeated By yesterday' s dreams La la la... Yesterday' s dreams Like birds in the winter Have gathered together And flown to the sun Yesterday' s promises Like shells in the ocean All shattered and broken Like yesterday' s dreams<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvia_Tyson\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sylvia Tyson</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>Le temps que nous offrons à nous-mêmes et aussi le temps que nous donnons à la vie pour qu’elle devienne utile. Nous avons besoin de temps, certes, mais nous avons aussi besoin de tendresse. La tendresse, comme l’amour, se partage, mais si nous avons aussi la chance de l’avoir reçue, et l’ayant appréciée, on est capable de la rendre. <br><strong>—  The time we set aside for ourselves</strong>, and also the time we devote to life so that it may become meaningful. We need time, of course, but we also need tenderness. Tenderness, like love, is something to be shared; but if we are also fortunate enough to have received it, and having appreciated it, we are able to give it back. <br>Ο χρόνος που αφιερώνουμε στον εαυτό μας, αλλά και ο χρόνος που αφιερώνουμε στη ζωή, ώστε αυτή να αποκτήσει νόημα. Χρειαζόμαστε χρόνο, βεβαίως, αλλά χρειαζόμαστε και τρυφερότητα. Η τρυφερότητα, όπως και η αγάπη, μοιράζεται, αλλά αν έχουμε επίσης την τύχη να την έχουμε λάβει και να την έχουμε εκτιμήσει, τότε είμαστε σε θέση να την ανταποδώσουμε. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/cerises.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Le temps des cerises</strong> - Album : Hommages (1997) </p>\n<div>Quand nous chanterons le temps des cerises Et gai rossignol et merle moqueur Seront tous en fête Les belles auront la folie en tête Et les amoureux du soleil au cœur Quand nous chanterons le temps des cerises Sifflera bien mieux le merle moqueur Mais il est bien court le temps des cerises Ou l'on s'en va deux cueillir en rêvant Des pendants d'oreilles Cerises d'amour aux robes pareilles Tombant sous la feuilles en gouttes de sang Mais il est bien court le temps des cerises Pendants de corail qu'on cueille en rêvant Quand vous en serez au temps des cerises Si vous avez peur des chagrins d'amour Evitez les belles Moi qui ne crains pas les peines cruelles Je ne vivrai point sans souffrir un jour Quand vous en serez au temps des cerises Vous aurez aussi des peines d'amour J'aimerai toujours le temps des cerises C'est ce temps-là que je garde au cœur Une plaie ouverte Et Dame Fortune en m'étant offerte Ne pourra jamais fermer ma douleur J'aimerai toujours le temps des cerises Et le souvenir que je garde au cœur<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Temps_des_cerises\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">A. Renard / J. B. Clement</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>Ceux qui nous ont accordé leur attention nous ont donné de la tendresse en nous écoutant, nous ont fait progresser. Toute émotion est un échange. Je pense à Pierre Trudeau, Premier ministre canadien, que j’ai rencontré à mes débuts dans ce pays devenu un de mes chers pays d’adoption. <br><strong>—  Those who have given us their attention</strong> have shown us kindness by listening to us, and have helped us to grow. Every emotion is an exchange. I am thinking of Pierre Trudeau, the Canadian Prime Minister, whom I met when I first arrived in this country, which has since become one of my beloved adopted homelands. <br>Όσοι μας αφιέρωσαν την προσοχή τους, μας έδειξαν στοργή ακούγοντάς μας και μας βοήθησαν να προχωρήσουμε. Κάθε συναίσθημα είναι μια ανταλλαγή. Σκέφτομαι τον Πιερ Τρουντό, τον πρωθυπουργό του Καναδά, τον οποίο συνάντησα στα πρώτα μου βήματα σε αυτή τη χώρα που έχει γίνει μια από τις αγαπημένες μου πατρίδες υιοθεσίας. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/7lenou.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<p><strong> Sieben schwarze Rose (duo Lenou)</strong> - Album : Rendez-vous (2011) </p>\n<div>Sieben schwarze Rosen träumen Sie träumen einen alten Traum Von dem größten Glück dieser Welt Von zwei Verliebten die sich sehn Um die Wege der Liebe zu gehn Sieben schwarze Rosen träumen Ja sie träumen von dem Tag An den jeder denken mag Wenn für zwei ein Lied erklingt Das kein andrer hört und singt Sieben schwarze Rosen träumen Doch ein kalter Wind von Norden Spricht ein Abschiedswort Er trägt mit den Blütenblättern Auch die Träume fort Sieben schwarze Rosen träumten Sie träumten einen alten Traum Von dem größten Glück dieser Welt Und dachten gar nicht mehr daran Das die Zeit alles ändern kann Sieben schwarze Rosen träumten Sieben schwarze Rosen träumten Sieben schwarze Rosen<br>(H. G. Moslener / W. Mürmann)</div>\n<blockquote>\n<p>La confiance et l’amour que j’ai reçus, je les ai beaucoup appréciés, mais ces sentiments ne m’ont pas fait tourner la tête et je n’ai pas voulu le crier sur tous les toits. Je suis toujours restée humble en me posant toujours cette même question : « Pourquoi moi ? » J’ai respecté le choix du public. <br><strong>—  I really appreciated the trust and love I received,</strong> but those feelings didn’t go to my head and I didn’t want to shout it from the rooftops. I’ve always remained humble, constantly asking myself the same question: ‘Why me?’ I’ve respected the public’s choice.<br>Την εμπιστοσύνη και την αγάπη που έλαβα, τις εκτίμησα πολύ, αλλά αυτά τα συναισθήματα δεν μου ανέβασαν τα μυαλά και δεν ήθελα να το φωνάζω από τις στέγες. Πάντα παρέμεινα ταπεινή, θέτοντας συνεχώς στον εαυτό μου το ίδιο ερώτημα: «Γιατί εγώ;» Σεβάστηκα την επιλογή του κοινού.</p>\n</blockquote>\n<p>J’ai su apprécier tous les jours de ma vie, sans aucune exception, j’ai beaucoup de gratitude. Pierre Trudeau, un soir, se trouvait dans le vieux théâtre de la capitale, Ottawa, il m’avait demandé d’interpréter deux chansons : « Le Temps des cerises » et « Un Canadien errant ». <br><strong>—  I have learnt to appreciate every single day of my life,</strong> without exception; I am deeply grateful. One evening, Pierre Trudeau was at the old theatre in the capital, Ottawa; he had asked me to perform two songs: ‘Le Temps des cerises’ and ‘Un Canadien errant’. <br>Έχω μάθει να εκτιμώ κάθε μέρα της ζωής μου, χωρίς καμία εξαίρεση, και νιώθω μεγάλη ευγνωμοσύνη. Ο Πιερ Τρουντό, ένα βράδυ, βρισκόταν στο παλιό θέατρο της πρωτεύουσας, της Οτάβα, και μου είχε ζητήσει να ερμηνεύσω δύο τραγούδια: το «Le Temps des cerises» και το «Un Canadien errant». </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/last.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> The last rose of summer</strong> - Album : Over and over (1969) </p>\n<div>'Tis the last rose of summer Left blooming all alone All her lovely companions Are faded and gone No flower of her kindred No rose bud is nigh To reflect back her blushes And give sigh for sigh So soon may I follow When friendships decay And from love's shining circle The gems drop away When true hearts lie wither'd And fond ones are flown Oh! who would inhabit This bleak world alone<br>(<a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/The_Last_Rose_of_Summer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Thomas Moore</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>C’était en 1966, ce qui correspond à mes débuts dans le monde artistique et au Canada. Seule, j’avais donné mon premier récital avec mes quatre musiciens athéniens. Depuis cette tournée, il y a plus de quarante-sept ans, je voyage dans le monde entier en donnant des récitals. <br><strong>—  It was in 1966, which coincided</strong> with my debut in the world of the arts and in Canada. On my own, I had given my first recital with my four musicians from Athens. Since that tour, more than forty-seven years ago, I have been travelling all over the world giving recitals. <br>Ήταν το 1966, η χρονιά που ξεκίνησα την καλλιτεχνική μου καριέρα και την παραμονή μου στον Καναδά. Μόνη μου, είχα δώσει το πρώτο μου ρεσιτάλ με τους τέσσερις Αθηναίους μουσικούς μου. Από εκείνη την περιοδεία, πριν από περισσότερα από σαράντα επτά χρόνια, ταξιδεύω σε όλο τον κόσμο δίνοντας ρεσιτάλ. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/who.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Who Knows Where the Time Goes (live)</strong> - Album : At the Albert Hall (1974) </p>\n<div>Across the morning sky All the birds are leaving But how can they know Its time for them to go Before the winter fire We'll still be dreaming I do not count the time Who knows where the time goes Who knows where the time goes Sad deserted shore Your feathered friends are leaving Oh but then you know It's time for them to go But I will still be here I have no tought of leaving I do not count the time Who knows where the time goes Who knows where the time goes And I am not alone While my love is near me And I know it will be so Until it's time to go So come the storms in winter And then the virgin spring again I do not fear the time Who knows how the love grows Who knows where the time goes Who knows how the love grows Who knows where the time goes Who knows where the time goes<br>(<a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Sandy_Denny\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sandy Denny</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>Quelques années plus tard, en passant par Ottawa, au Centre des Arts, le porte-parole du Parlement, M. Lamoureux, m’a invitée, après le spectacle, à dîner avec quelques amis politiques, ainsi que Pierre Trudeau. Tout se passait bien. Arrivé au dessert, M. Lamoureux est venu vers moi, m’a prise par la main et m’a amenée dans l’hémicycle du Parlement. <br><strong>—  A few years later, whilst</strong> I was in Ottawa at the Centre des Arts, the Speaker of Parliament, Mr Lamoureux, invited me, after the performance, to have dinner with a few political friends, including Pierre Trudeau. Everything was going well. When it came to dessert, Mr Lamoureux came over to me, took me by the hand and led me into the Chamber of Parliament. <br>Λίγα χρόνια αργότερα, ενώ βρισκόμουν στην Οτάβα, στο Κέντρο Τεχνών, ο εκπρόσωπος του Κοινοβουλίου, ο κ. Lamoureux, με προσκάλεσε, μετά την παράσταση, σε δείπνο με μερικούς φίλους από τον πολιτικό χώρο, καθώς και με τον Pierre Trudeau. Όλα πήγαιναν καλά. Όταν φτάσαμε στο επιδόρπιο, ο κ. Lamoureux ήρθε προς το μέρος μου, με πήρε από το χέρι και με οδήγησε στην αίθουσα του Κοινοβουλίου. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/errant.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Un canadien errant</strong> - Album : Un canadien errant (1966) </p>\n<div>Un Canadien errant Banni de ses foyers Parcourait en pleurant Des pays étrangers Un jour triste et pensif Assis au bord des flots Au courant fugitif Il adressa ces mots Si tu vois mon pays Mon pays malheureux Va dire à mes amis Que je me souviens d'eux  Oh! mais en expirant Mon cher Canada Oh! mais en expirant Mon cher Canada Mon regard languissant Vers toi se portera<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_Canadien_errant\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Traditionnel</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>Tous les invités du dîner nous ont suivis. Je pensais à une visite guidée des lieux, mais pas du tout. Il m’a accompagnée jusqu’au perchoir d’où s’exprime tout le monde politique, députés ou membres du gouvernement. Il en est redescendu en me disant : « Maintenant, chantez-nous une chanson. » J’ai immédiatement dirigé mon regard vers Pierre Trudeau, j’étais un peu gênée. Celui-ci m’a fait un petit signe en me souriant. <br><strong>—  All the dinner guests followed us.</strong> I’d thought we were going on a guided tour of the premises, but not at all. He accompanied me up to the gallery from where politicians – MPs or members of the government – address the House. He came back down and said to me: ‘Now, sing us a song. ’ I immediately looked over at Pierre Trudeau; I was feeling a bit self-conscious. He gave me a little wave and smiled.” <br>Όλοι οι καλεσμένοι του δείπνου μας ακολούθησαν. Σκεφτόμουν ότι θα κάναμε μια ξενάγηση στους χώρους, αλλά καθόλου. Με συνόδευσε μέχρι την εξέδρα από όπου μιλούν όλοι οι πολιτικοί, βουλευτές ή μέλη της κυβέρνησης. Κατέβηκε από εκεί λέγοντάς μου: «Τώρα, τραγούδησέ μας ένα τραγούδι. » Αμέσως έστρεψα το βλέμμα μου προς τον Πιερ Τρουντό, ένιωθα λίγο αμήχανα. Αυτός μου έκανε ένα μικρό νεύμα χαμογελώντας. <br><br>J’ai donc entonné, a cappella, « Un Canadien errant », depuis le perchoir. Sans micro, l’acoustique ressemblait à celle d’une église, c’était tellement émouvant que j’en avais les larmes aux yeux. Je n’étais pas seule dans ce cas ce soir-là. <br><strong>—  So I broke into a cappella renditions </strong>of ‘Un Canadien errant’ from the gallery. Without a microphone, the acoustics were like those in a church; it was so moving that it brought tears to my eyes. I wasn’t the only one feeling that way that evening. <br>Έτσι, άρχισα να τραγουδάω, a cappella, το «Un Canadien errant», από την εξέδρα. Χωρίς μικρόφωνο, η ακουστική έμοιαζε με αυτή μιας εκκλησίας· ήταν τόσο συγκινητικό που μου ήρθαν δάκρυα στα μάτια. Δεν ήμουν η μόνη που ένιωθε έτσι εκείνο το βράδυ. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/trybelafonte.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Try to remember (duet with Harry Belafonte)</strong> - TV show \"Numéro un\" (06 oct. 1979) </p>\n<div>Try to remember the kind of september When life was slow and also mellow Try to remember the kind of september When grass was green and the grain was yellow Try to remember the kind of september When you were young and the callow fallow Try to remember and if you remember Then follow, follow Try to remember when life was so tender When no one worked except the willow Try to remember when life was so tender When dreams were kept beside your pillow Try to remember when life was so tender When love was an ember about to billow Try to remember and if you remember Then follow follow Deep in december, it' s nice to remember Althought you know the snow wiil follow Deep in december, it' s nice to remember Without the hurt the heart will follow Deep in december it's nice to remember The fire of september that made you mellow Deep in december our hearts should remember Then follow, follow<br>(<a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Try_to_Remember\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Tom Jones / Harvey Schmidt</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>Après ma tournée en compagnie d’Harry Belafonte, Sam Gesser m’avait proposé de revenir seule au Canada pour me produire avec mes musiciens. Mon ex-mari Georges, à l’époque, m’avait proposé de former un groupe avec ses vieux amis chanteurs et musiciens, afin que nous puissions partir ensemble sur les routes canadiennes. <br><strong>—  After my tour with Harry Belafonte,</strong> Sam Gesser suggested I return to Canada on my own to perform with my musicians. My ex-husband Georges, at the time, suggested we form a band with his old friends – singers and musicians – so that we could set off together on the Canadian road.<br>Μετά την περιοδεία μου μαζί με τον Χάρι Μπελαφόντε, ο Σαμ Γκέσερ μου είχε προτείνει να επιστρέψω μόνη μου στον Καναδά για να εμφανιστώ με τους μουσικούς μου. Ο πρώην σύζυγός μου, ο Ζορζ, μου είχε προτείνει τότε να σχηματίσουμε ένα συγκρότημα με τους παλιούς του φίλους, τραγουδιστές και μουσικούς, ώστε να μπορέσουμε να βγούμε μαζί στους δρόμους του Καναδά.<br><br>C’était encore le « wild west américain » à mes yeux, que j’avais l’habitude de voir dans les films. À force d’y aller, à chacun de mes voyages, j’ai eu la chance de voir ce pays évoluer, se développer, de bien évoluer. Le public restait fidèle à mes chansons, à ma musique et à moi-même. <br><strong>—  To me, it was still the ‘American Wild West’</strong> that I was used to seeing in films. As I kept going back, on each of my trips, I was lucky enough to see the country change, develop – and change for the better. The audience remained loyal to my songs, my music and me. <br>Στα μάτια μου ήταν ακόμα η «άγρια Δύση της Αμερικής», όπως την είχα συνηθίσει να βλέπω στις ταινίες. Καθώς πήγαινα εκεί συχνά, σε κάθε ταξίδι μου, είχα την τύχη να δω αυτή τη χώρα να εξελίσσεται, να αναπτύσσεται, να εξελίσσεται προς το καλύτερο. Το κοινό παρέμενε πιστό στα τραγούδια μου, στη μουσική μου και σε εμένα τον ίδιο. <br><br>C’est au Canada que j’ai appris à faire des grandes tournées aux États- Unis avec Sol Hurok et Harold Leventhal, le manager de Pete Seeger, de Woody Guthree, de Peter, Paul and Mary. C’était l’époque du folk, de Joan Baez, de Bob Dylan, de Cohen, de Judy Collins, de Neil Young, de Greenwich Village et du Village Vanguard. <br><strong>— It was in Canada that I learnt to</strong> organise major tours of the United States with Sol Hurok and <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Harold_Leventhal\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Harold Leventhal</a>, the manager of Pete Seeger, Woody Guthrie, and Peter, Paul and Mary. It was the era of folk music, of Joan Baez, Bob Dylan, Cohen, Judy Collins, Neil Young, Greenwich Village and the Village Vanguard. <br>Στον Καναδά έμαθα να οργανώνω μεγάλες περιοδείες στις Ηνωμένες Πολιτείες μαζί με τον Sol Hurok και τον Harold Leventhal, τον μάνατζερ του Pete Seeger, του Woody Guthrie, καθώς και των Peter, Paul and Mary. Ήταν η εποχή της φολκ μουσικής, της Joan Baez, του Bob Dylan, του Cohen, της Judy Collins, του Neil Young, του Greenwich Village και του Village Vanguard. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/bottle.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Time in a Bottle</strong> - Album : Why worry (1986) </p>\n<div>If I could save time in a bottle The first thing that I'd like to do Is to save every day 'til eternity passes away Just to spend them with you If I could make days last forever If words could make wishes come true I'd save every day like a treasure and then Again I would spend them with you But there never seems to be enough time to do the Things you want once you find them I've looked around enough to know that You're the one I want to go through time with If I had a box just for wishes And dreams that had never come true The box would be empty except for the memories Of how they were answered by you But there never seems to be enough time to do the Things you want once you find them I've looked around enough to know That you're the one I want to go through time with But there never seems to be enough time to do the Things you want once you find them I've looked around enough to know That you're the one I want to go through time with<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Jim_Croce\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Jim Croce</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>La nouvelle vague et le style de chanson qui ont dominé les années 1960 étaient une forme d’expression pacifique, mais contestataire à la fois, contre les assassinats, les crises sociales et contre la guerre. Ils se battaient pour l’évolution des droits de l’homme à chaque occasion, de Woodstock à l’île de Wight. <br><strong>—  The New Wave movement and the </strong>style of music that dominated the 1960s were a form of expression that was both peaceful and rebellious, protesting against assassinations, social crises and war. They fought for the advancement of human rights at every opportunity, from Woodstock to the Isle of Wight. <br>Το κίνημα της «Νέας Κύμας» και το μουσικό ύφος που κυριάρχησαν στη δεκαετία του 1960 αποτελούσαν μια μορφή ειρηνικής, αλλά ταυτόχρονα αντιεξουσιαστικής έκφρασης, ενάντια στις δολοφονίες, τις κοινωνικές κρίσεις και τον πόλεμο. Αγωνίζονταν για την προώθηση των ανθρωπίνων δικαιωμάτων σε κάθε ευκαιρία, από το Γούντστοκ μέχρι το νησί του Γουάιτ. <br><br><a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Sol_Hurok\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sol Hurok</a> était une grande figure du monde du spectacle, il travaillait avec les grands classiques de l’époque comme Maria Callas, Mario del Monaco, Victoria de los Angeles, Dimitri Mitropoulos. J’étais sa seule artiste au répertoire populaire. Il avait déjà 80 ans quand nous avons commencé à travailler ensemble. Il m’aimait beaucoup et je chantais dans son théâtre préféré, le Dorothy Chandler Pavilion à Los Angeles. Il venait toujours m’écouter et, souvent, il était accompagné d’un artiste. <br><strong>—  <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Sol_Hurok\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Sol Hurok</a> was a leading figure</strong> in the world of entertainment; he worked with the great legends of the era, such as Maria Callas, Mario del Monaco, Victoria de los Angeles and Dimitri Mitropoulos. I was his only artist specialising in popular repertoire. He was already 80 years old when we began working together. He was very fond of me, and I used to sing at his favourite theatre, the Dorothy Chandler Pavilion in Los Angeles. He always came to listen to me and was often accompanied by another artist. <br>Ο Σολ Χούροκ ήταν μια σημαντική προσωπικότητα του κόσμου του θεάματος· συνεργαζόταν με τους μεγάλους κλασικούς της εποχής, όπως η Μαρία Κάλλας, ο Μάριο ντελ Μονάκο, η Βικτόρια ντε λος Άνχελες και ο Δημήτρης Μητρόπουλος. Ήμουν η μόνη καλλιτέχνιδα του που ερμήνευε λαϊκό ρεπερτόριο. Ήταν ήδη 80 ετών όταν αρχίσαμε να συνεργαζόμαστε. Με αγαπούσε πολύ και τραγουδούσα στο αγαπημένο του θέατρο, το Dorothy Chandler Pavilion στο Λος Άντζελες. Ερχόταν πάντα να με ακούσει και, συχνά, τον συνόδευε κάποιος καλλιτέχνης. </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/jardin.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Au jardin du temps qui passe</strong> - Album : Ma vérité (1985) </p>\n<div>C'est comme un parfum de valse Comme une balançoire d'enfant Au jardin du temps qui passe Et qui vole avec le vent C'est un rythme calme et tendre Que mon cœur connaît par cœur Qu'il m'arrive encore d'entendre Sous le mots qui nous font peur Tournent les saisons De neige en hirondelles Changent les chansons L'amour est toujours pareil Et quand l'orgue joue Un air de barbarie On entend partout Paris C'est comme un parfum de valse De dentelle sur le temps Qui me dit que tout s'efface Et demeure infiniment Tournent les saisons D'octobre en cerisier Passent les moissons Mon cœur n'a jamais changé Souffle mes bougies J'allume un feu de joie Et la nostalgie S'en va C'est comme un parfum de valse Comme une balançoire d'enfant Au jardin du temps qui passe Et qui vole avec le vent C'est un rythme calme et tendre Que mon cœur connaît par cœur Qu'il m'arrive encore d'entendre Et qui parle de bonheur<br>(Georges Bernard Châtelain / Pierre Delanoë / Claude Lemesle)</div>\n</blockquote>\n<p>Un soir, il est entré au théâtre avec <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Gina_Bachauer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gina Bachauer</a>, une grande pianiste de l’époque. Celle-ci lui répétait sans arrêt : « Tu vois, cette petite, elle chante pendant trois heures, sept fois par semaine, elle sourit, dit merci et ne se permet pas de faire des caprices comme mes prima donna, ou mes sopranos ! » <br><strong>—  One evening, he went to the theatre with</strong> <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Gina_Bachauer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Gina Bachauer</a>, a great pianist of the time. She kept saying to him: ‘You see, that young girl sings for three hours, seven times a week; she smiles, says thank you and doesn’t allow herself to throw tantrums like my prima donnas or my sopranos!’ <br>Ένα βράδυ, μπήκε στο θέατρο μαζί με τη Τζίνα Μπαχάουερ, μια μεγάλη πιανίστα της εποχής. Αυτή του έλεγε συνεχώς: «Βλέπεις, αυτή η μικρή, τραγουδάει τρεις ώρες, επτά φορές την εβδομάδα, χαμογελά, λέει ευχαριστώ και δεν επιτρέπει στον εαυτό της να κάνει καπρίτσια όπως οι πριμαντόνες μου ή οι σοπράνο μου!» </p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/gracias.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Gracias a la vida</strong> - Album : Nana latina (1996) </p>\n<div>Gracias a la vida, que me ha dado tanto Me dió dos luceros, que cuando los abro Perfecto distingo, lo negro del blanco Y en el alto cielo, su fondo estrellado Y en las multitudes, el hombre que yo amo Gracias a la vida, que me ha dado tanto Me ha dado el oído, que en todo su ancho Graba noche y día, grillos y canarios Martillos, turbinas, ladridos, chubascos Y la voz tan tierna, de mi bien amado Gracias a la vida, que me ha dado tanto Me ha dado el sonido, y el abecedario Con el las palabras, que pienso y declaro Madre, amigo, hermano y luz alumbrando La ruta del alma del que estoy amando Gracias a la vida, que me ha dado tanto Me ha dado la marcha, de mis pies cansados Con ellos anduve, ciudades y charcos Playas y desiertos, montañas y llanos Y la casa tuya, tu calle y tu patio Gracias a la vida, que me ha dado tanto Me dió el corazón, que agita su marco Cuando miro el fruto del cerebro humano Cuando miro el bueno tan lejos del malo Cuando miro el fondo de tus ojos claros Gracias a la vida, que me ha dado tanto Me ha dado la risa y me ha dado el llanto Así yo distingo dicha de quebranto Los dos materiales que forman mi canto Y el canto de ustedes, que es el mismo canto Y el canto de todos, que es mi propio canto Y el canto de ustedes, que es mi propio canto<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Violeta_Parra\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Violeta Parra</a>)</div>\n</blockquote>\n<p>Sur place, je logeais au Beverly Hills Hotel et, le lendemain de chaque spectacle, il venait prendre le café à 11 heures et me criblait de questions. Je l’écoutais, pleine d’intérêt. Il avait connu tellement d’artistes que chacun de ses récits était passionnant. Un jour, il repartit comme un gentleman, il m’embrassa poliment en me remettant un paquet entre les mains. Je découvris un flacon de parfum. Le Chanel n° 5.<br><strong>—  Whilst I was there, I was staying at the Beverly Hills Hotel, </strong>and the day after each performance, he would come round for coffee at 11 o’clock and bombard me with questions. I listened to him with great interest. He had known so many artists that every one of his stories was fascinating. One day, he took his leave like a true gentleman, kissing me politely as he placed a parcel in my hands. I discovered a bottle of perfume. Chanel No. 5.<br>Εκεί, έμενα στο Beverly Hills Hotel και, την επόμενη μέρα μετά από κάθε παράσταση, ερχόταν να πιει καφέ στις 11 και με βομβάρδιζε με ερωτήσεις. Τον άκουγα με μεγάλο ενδιαφέρον. Είχε γνωρίσει τόσους πολλούς καλλιτέχνες που κάθε ιστορία του ήταν συναρπαστική. Μια μέρα, έφυγε σαν κύριος, με φίλησε ευγενικά και μου έδωσε ένα πακέτο στα χέρια. Ανακάλυψα ένα μπουκάλι άρωμα. Το Chanel Νο 5.<br> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"137\" data-is-external-image=\"true\"> <br>Artwork : Jean-Paul Gaultier / PhB<br>© 2013 Nana Mouskouri – Itinéraire intime (Cherche-midi)</p>\n<footer></footer>",
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            "content_html": "<section>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/img/photofunia-1792681878.jpg\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>À 91 ans, la plus française des chanteuses grecques reçoit cette année une <a href=\"https://www.france.tv/france-2/les-victoires-de-la-musique-varietes/8132607-emission-du-vendredi-13-fevrier-2026.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Victoire de la musique d'honneur</a>. Elle revient avec humilité sur sa carrière et partage sa vision de la musique et du monde.</p>\n<p><i>At 91, the most French of Greek singers is receiving an honorary Victoire de la Musique award this year. She humbly looks back on her career and shares her vision of music and the world.</i></p>\n<p><strong>Le 13 février, vous allez recevoir une Victoire de la musique qui récompense l'ensemble de votre riche et longue carrière. Qu'est-ce que cela représente pour vous ?</strong></p>\n<p>C'est un honneur que je n'avais absolument pas anticipé. La France a toujours été un pays très spécial pour moi. C'est ici que ma carrière a pris son envol, après mes débuts en Grèce dans les années 1960. Un directeur de maison de disques, Louis Hazan, m'a repérée et invitée à venir chanter ici. À l'époque, j'étais complètement inconnue. Mais je suis restée, et j'ai eu l'opportunité de me produire non seulement en France, mais aussi en Allemagne, en Angleterre et dans d'autres pays. C'est ainsi que j'ai pu construire une carrière internationale. Pendant très longtemps, je n'ai pas reçu de prix. C'est très bien ainsi, je n'en éprouve aucune amertume. Mais aujourd'hui, à 91 ans, je reçois cette distinction comme une belle récompense pour toutes ces années passées à partager ma musique avec le public. J'en suis profondément reconnaissante.</p>\n<p><i>On 13 February, you will receive a Victoire de la Musique award in recognition of your rich and long career. What does this mean to you?</i></p>\n<p><i>It is an honor that I had not anticipated at all. France has always been a very special country for me. It was here that my career took off, after my debut in Greece in the 1960s. A record company director, Louis Hazan, spotted me and invited me to come and sing here. At the time, I was completely unknown. But I stayed, and I had the opportunity to perform not only in France, but also in Germany, England and other countries. That's how I was able to build an international career. For a very long time, I didn't receive any awards. That's fine, I don't feel bitter about it. But today, at the age of 91, I receive this distinction as a wonderful reward for all these years spent sharing my music with the public. I am deeply grateful.</i></p>\n<p><strong>Parlez-nous de votre dernier album, dont Serge Lama a signé tous les textes. Comment a-t-il vu le jour ?</strong></p>\n<p>Serge est un ami de longue date. La plupart des chansons qu'il a choisies pour ce disque sont des titres de lui que j'ai chantés tout au long de ma carrière, mais il y a aussi deux morceaux inédits : Ma vie d'hirondelle , qui ouvre l'album, et Dis au temps qui passe , qui le clôt. C'est une manière de raconter mon parcours, et de partager cette conviction qui m'anime : ne pas gaspiller le moment présent.</p>\n<p><i>Tell us about your latest album, for which Serge Lama wrote all the lyrics. How did it come about?</i></p>\n<p><i>Serge is a long-time friend. Most of the songs he chose for this album are ones he wrote that I've sung throughout my career, but there are also two new tracks: Ma vie d'hirondelle, which opens the album, and Dis au temps qui passe, which closes it. It's a way of recounting my journey and sharing the conviction that drives me: don't waste the present moment.</i></p>\n<p><strong>Revenons à vos débuts. Pourquoi avoir choisi de chanter ? C'était un métier difficile à envisager en Grèce à l'époque…</strong></p>\n<p>J'ai grandi dans une famille modeste, mon père était projectionniste de cinéma. Dès mon plus jeune âge, je chantais les chansons que j'entendais dans les films, en imitant les artistes que je voyais à l'écran. La musique est rapidement devenue un compagnon de vie. Je l'ai étudiée au conservatoire et j'en ai fait mon métier. Je n'ai jamais voulu être une star, mais simplement une chanteuse.</p>\n<p><i>Let's go back to your beginnings. Why did you choose to sing? It was a difficult career to envisage in Greece at the time...</i></p>\n<p><i>I grew up in a modest family; my father was a cinema projectionist. From a very young age, I sang the songs I heard in films, imitating the artists I saw on screen. Music quickly became a part of my life. I studied it at the conservatory and made it my profession. I never wanted to be a star, just a singer.</i></p>\n<p><strong>Votre carrière dure depuis près de soixante-dix ans. Quels en sont les moments les plus marquants ?</strong></p>\n<p>J'ai eu la chance de travailler avec des artistes exceptionnels. En Grèce, je peux citer le grand compositeur Manos Hadjidakis, qui m'a écrit de magnifiques chansons. En France, je me souviens de mes premières rencontres avec Michel Legrand, un véritable génie. Puis il y a eu le producteur et arrangeur américain Quincy Jones, qui a œuvré aux côtés d'artistes aussi différents que Frank Sinatra ou Michael Jackson. Il m'a invitée à travailler avec lui aux États-Unis. J'ai vécu des expériences incroyables, comme ma participation à l'Eurovision en 1963, pour le Luxembourg, ou une tournée américaine au côté du chanteur Harry Belafonte, qui m'avait surnommée «la Française aux lunettes» (Rires). Ces moments restent gravés dans ma mémoire.</p>\n<p><i>Your career has spanned nearly seventy years. What have been the most memorable moments?</i></p>\n<p><i>I have been fortunate enough to work with some exceptional artists. In Greece, I can mention the great composer Manos Hadjidakis, who wrote some wonderful songs for me. In France, I remember my first encounters with Michel Legrand, a true genius. Then there was the American producer and arranger Quincy Jones, who worked with artists as diverse as Frank Sinatra and Michael Jackson. He invited me to work with him in the United States. I had some incredible experiences, such as participating in Eurovision in 1963 for Luxembourg, and touring the United States with singer Harry Belafonte, who nicknamed me ‘the French girl with glasses’ (laughs). Those moments remain etched in my memory.</i></p>\n<p><strong>La musique a évolué avec le numérique et les nouvelles technologies.<br>Que pensez-vous de cette mutation ?</strong></p>\n<p>Il s'est produit une vraie révolution. Autrefois, on écoutait la musique sur des vinyles ou lors de concerts. Aujourd'hui, elle est consommée plus rapidement, souvent en streaming. Il y a plus de diversité, mais j'ai quelquefois l'impression que certains l'utilisent comme un bruit de fond, sans vraiment l'écouter. J'aime les chansons modernes, mais j'y perçois de temps en temps une forme d'agressivité. Je la comprends, car elle exprime une souffrance, mais je préfère quand les artistes trouvent des voies plus apaisées. Le rap, par exemple, dit des choses importantes, mais d'une manière parfois… Ce n'est pas pour moi, mais après tout chacun ses goûts. Chaque époque a ses particularités. Ce qui compte, c'est que la musique continue à toucher les gens.</p>\n<p><i>Music has evolved with digital technology and new technologies. What do you think of this change?</i></p>\n<p><i>There has been a real revolution. In the past, we listened to music on vinyl records or at concerts. Today, it is consumed more quickly, often via streaming. There is more diversity, but I sometimes feel that some people use it as background noise, without really listening to it. I like modern songs, but I sometimes perceive a kind of aggression in them. I understand it, because it expresses suffering, but I prefer it when artists find more peaceful ways to express themselves. Rap, for example, says important things, but in a way that is sometimes... It's not for me, but after all, everyone has their own tastes. Every era has its own characteristics. What matters is that music continues to touch people.</i></p>\n<p><strong>Vous êtes polyglotte et avez chanté dans plusieurs langues. Était-ce important pour vous ?</strong></p>\n<p>J'ai chanté en grec, en français, en anglais, en allemand, en espagnol, et d'autres langues encore. Chacune a sa propre musicalité, permet de transmettre des émotions, ouvre des portes sur d'autres cultures. Je suis fascinée par le son des langues.</p>\n<p><i>You are multilingual and have sung in several languages. Was that important to you?</i></p>\n<p><i>I have sung in Greek, French, English, German, Spanish and other languages. Each has its own musicality, allows emotions to be conveyed and opens doors to other cultures. I am fascinated by the sound of languages.</i></p>\n<p><strong>En femme d'expérience, européenne convaincue, ambassadrice de l'Unicef, quel regard portez-vous sur le monde actuel, souvent divisé ?</strong></p>\n<p>Trop de gens veulent commander, conquérir. Il y en a deux ou trois dans le monde qui veulent tout, comme Donald Trump ou Vladimir Poutine. Plus largement, le fossé entre riches et pauvres est dramatique. La solution, c'est de communiquer, de respecter les idées différentes, de chercher le bien commun, et surtout, d'essayer de se mettre à la place de l'autre. Le monde a besoin de plus de cœur.</p>\n<p><i>As an experienced woman, a staunch European and a UNICEF ambassador, how do you view today's often divided world?</i></p>\n<p><i>Too many people want to rule and conquer. There are two or three people in the world who want everything, like Donald Trump and Vladimir Putin. More broadly, the gap between rich and poor is dramatic. The solution is to communicate, to respect different ideas, to seek the common good and, above all, to try to put ourselves in other people's shoes. The world needs more heart.</i></p>\n<p><strong>Vous avez traversé des épreuves personnelles : un cancer, le Covid. Ces expériences ont-elles changé votre vision de la vie ?</strong></p>\n<p>Oui, bien sûr. Le cancer, la péritonite, ce sont des épreuves difficiles. Mais j'ai toujours été une personne positive. L'espoir m'a donné la force d'aller de l'avant. J'ai eu la chance d'avoir été entourée et soutenue, et je continue à aimer ce que je fais : travailler, chanter, partager ma musique.</p>\n<p><i>You have been through some personal trials: cancer, Covid. Have these experiences changed your outlook on life?</i></p>\n<p><i>Yes, of course. Cancer and peritonitis are difficult trials. But I have always been a positive person. Hope gave me the strength to move forward. I was lucky to have people around me who supported me, and I still love what I do: working, singing, sharing my music.</i></p>\n<p><strong>Vous citez parfois ce proverbe grec qui dit que la chance est comme une belle femme qui marche dans la rue, mais que peu de gens remarquent. Vous considérez-vous comme une personne chanceuse ?</strong></p>\n<p>Oui, je pense que j'ai eu beaucoup de chance. Ce n'est pas juste une question de hasard. C'est aussi un mélange de rencontres, de travail et d'opportunités.</p>\n<p><i>You sometimes quote the Greek proverb that says luck is like a beautiful woman walking down the street, but few people notice her. Do you consider yourself a lucky person?<br>Yes, I think I've been very lucky. It's not just a matter of chance. It's also a combination of encounters, hard work and opportunities.</i></p>\n<p><strong>Vous avez annoncé plusieurs fois votre retrait de la scène. Mais vous continuez de travailler, de sortir de nouveaux albums…</strong></p>\n<p>Tant que je serai capable de chanter, je continuerai. Bien sûr, la voix change avec le temps, mais la musique fait partie de ma vie, et je ne peux pas m'en passer. J'ai 91 ans et ce n'est pas encore fini. Enfin, je l'espère.</p>\n<p><em>You've announced your retirement from the stage several times. But you continue to work and release new albums...</em></p>\n<p><i>As long as I'm able to sing, I'll keep going. Of course, your voice changes over time, but music is part of my life, and I can't do without it. I'm 91 years old and it's not over yet. At least, I hope so.</i></p>\n<p><strong>Avez-vous des regrets ?</strong></p>\n<p>Ne pas avoir élevé mes deux enfants directement, comme je l'aurais voulu, me peine beaucoup. Quand ils étaient petits, je voyageais énormément et je les ai souvent confiés à une nounou. Malgré mes absences, ils sont devenus de belles personnes. Aujourd'hui, j'ai trois petits-enfants et j'essaie de me rattraper avec eux. Je les vois tous les étés. En tant que grand-mère, je leur transmets les valeurs qui me sont chères : le respect de soi-même et des autres.</p>\n<p><i>Do you have any regrets?</i></p>\n<p><i>Not having raised my two children myself, as I would have liked, pains me greatly. When they were little, I travelled a lot and often left them with a nanny. Despite my absences, they have grown into wonderful people. Today, I have three grandchildren and I try to make up for lost time with them. I see them every summer. As a grandmother, I pass on the values that are dear to me: respect for oneself and for others.</i></p>\n<p><strong>Enfin, que souhaitez-vous que l'on retienne de vous après votre départ ?</strong></p>\n<p>J'espère que l'on dira que j'ai été une bonne chanteuse, une artiste respectueuse de son public. J'ai toujours fait mon travail avec passion et sérieux. Je crois que le plus important, c'est d'aimer ce qu'on fait et de le faire avec toute son âme. C'est cela que j'aimerais que les gens retiennent de moi.</p>\n<p><i>Finally, what would you like people to remember about you after you're gone?</i></p>\n<p><i>I hope people will say that I was a good singer, an artist who respected her audience. I have always done my work with passion and dedication. I believe that the most important thing is to love what you do and to do it with all your heart. That is what I would like people to remember about me.</i></p>\n<p> </p>\n<p>Source : https://www.lepelerin.com/culture/musique/nana-mouskouri-le-monde-a-besoin-de-plus-de-coeur-14364<br>Interview par Eyoum Nganguè pour <em>Le Pèlerin</em> 12 février 2026</p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"137\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Artwork : Olympia Krasagaki / PhB</p>\n</section>\n<footer></footer>",
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Βγήκα στο τραγούδι χάρη στον Μίμη Πλέσσα, όμως μια μέρα μου είπαν ότι ήθελε να με δει ο Μάνος, ο οποίος ήταν ήδη πολύ γνωστός. Ηταν μεγάλη τιμή και μεγάλη έκπληξη και πέραν της χαράς ένιωσα και φόβο. Τον συνάντησα στα γραφεία της Φίνος Φιλμ, ήταν καθισμένος στο πιάνο και άρχισε να μου παίζει μια μελωδία για να την τραγουδήσω. Μετά μου έδωσε και τα λόγια. Περάσαμε πολλή ώρα μαζί και στο <em>τέλος είχε ένα τραγούδι, το οποίο το ηχογράφησε. Ηταν το «Πίσω από τις Τριανταφυλλιές».<br>Hatzidakis a été pour moi un grand maître. J'ai commencé à chanter grâce à Mimi Plessa, mais un jour, on m'a dit que Manos, qui était déjà très connu, voulait me voir. C'était un grand honneur et une grande surprise, et au-delà de la joie, j'ai aussi ressenti de la peur. Je l'ai rencontré dans les bureaux de Finos Film, il était assis au piano et a commencé à me jouer une mélodie pour que je la chante. Il m'a ensuite donné les paroles. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble et à la fin, il avait une chanson, qu'il a enregistrée. C'était « Piso apo tis Triantafyllies » (Derrière les rosiers).</em><br><strong>Hatzidakis was a great teacher to me. I started singing thanks to Mimi Plessa, but one day I was told that Manos, who was already very well known, wanted to see me. It was a great honour and a big surprise, and beyond the joy, I also felt fear. I met him at the Finos Film offices. He was sitting at the piano and started playing a melody for me to sing. He then gave me the lyrics. We spent a lot of time together and in the end, he had a song, which he recorded. It was ‘Piso apo tis Triantafyllies’ (Behind the Rose Bushes).</strong></p>\n<p><br>Εγινε φίλος μου, ακόμη και κουμπάρος μου – με πάντρεψε με τον πρώτο μου σύζυγο, τον κιθαρίστα Γιώργο Πετσίλα – αλλά ήταν πιο πολύ κάτι σαν μεγάλος μου αδελφός. Μου έδινε συνεχώς οδηγίες. Είχε πάθος με τη μουσική. Εμοιαζε να φλέγεται όταν εξηγούσε πώς ήθελε να πεις μιας δημιουργία του. Αυτό ήταν και το πιο πολύτιμο μάθημα που πήρα από εκείνον· το να μην αρκούμαι ποτέ στη μετριότητα. Ηταν τελειομανής. Τον ενοχλούσε νομίζω που ο ίδιος δεν μπορούσε να τραγουδήσει επειδή δεν είχε καλή άρθρωση και ήταν πάρα πολύ απαιτητικός. Δεν θα σε άφηνε να σταματήσεις αν δεν είχες φτάσει στο αποτέλεσμα που ήθελε, voila.<br><em>Il est devenu mon ami, et même mon témoin de mariage – lors du mariage avec mon premier mari, le guitariste Giorgos Petsilas –, mais il était plutôt comme un grand frère pour moi. Il me donnait sans cesse des conseils. Il était passionné de musique. Il semblait s'enflammer lorsqu'il expliquait comment il voulait que l'on interprète une de ses créations. C'est la leçon la plus précieuse que j'ai apprise de lui : ne jamais se contenter de la médiocrité. Il était perfectionniste. Je pense que cela le dérangeait de ne pas pouvoir chanter lui-même parce qu'il n'avait pas une bonne articulation et il était très exigeant. Il ne vous laissait pas tranquille tant que vous n'aviez pas atteint le résultat qu'il voulait, voilà.</em><br><strong>He became my friend, and even my best man – at my wedding to my first husband, the guitarist Giorgos Petsilas – but he was more like a big brother to me. He was always giving me advice. He was passionate about music. He seemed to light up when he explained how he wanted one of his creations to be performed. That's the most valuable lesson I learned from him: never settle for mediocrity. He was a perfectionist. I think it bothered him that he couldn't sing himself because he didn't have good articulation, and he was very demanding. He wouldn't leave you alone until you achieved the result he wanted, that's all.</strong></p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/nm.jpg\" alt=\"\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Ο Μάνος έγραψε «Τα παιδιά του Πειραιά» νότα-νότα μαζί μου. Ημασταν στου «Φλόκα», το στέκι τότε της παρέας, και παραπονιόταν στον Γκάτσο ότι δεν μπορούσε να βρει ιδέες για ένα τραγούδι που χρωστούσε στον Ζυλ Ντασσέν για μία ταινία. Γύρισα στο σπίτι αρκετά μετά τα μεσάνυχτα, με είχε συνοδεύσει ο Γκάτσος, και δεν είχα καλά-καλά προλάβει να ανοίξω την πόρτα, όταν η μητέρα μου μού είπε ότι ο Χατζιδάκις τηλεφώνησε και ήθελε να πάω γρήγορα στο σπίτι του. Πήρα ένα ταξί και έτρεξα. Ως τότε χρησιμοποιούσα το λεωφορείο και το τραμ.<br><em>Manos a écrit « Les enfants du Pirée » note après note avec moi. Nous étions au « Floka », le repaire de la bande à l'époque, et il se plaignait à Gatsos de ne pas trouver d'idées pour une chanson qu'il devait à Jules Dassin pour un film. Je suis rentré chez moi bien après minuit, accompagné par Gatsos, et je n'avais pas encore eu le temps d'ouvrir la porte que ma mère m'a dit que Hatzidakis avait appelé et voulait que je passe rapidement chez lui. J'ai pris un taxi et je me suis précipitée. Jusqu'alors, j'utilisais le bus et le tramway.</em><br><strong>Manos wrote ‘The Children of Piraeus’ note by note with me. We were at the ‘Floka’, the gang's hangout at the time, and he was complaining to Gatsos that he couldn't come up with any ideas for a song he owed to Jules Dassin for a film. I got home well after midnight, accompanied by Gatsos, and I hadn't even had time to open the door when my mother told me that Hatzidakis had called and wanted me to come over quickly. I took a taxi and rushed over. Until then, I had been using the bus and tram.</strong></p>\n<p><br>Ηταν πολύ νευρικός όταν τον βρήκα. Η κυρία Χατζιδάκι ήταν σχεδόν τρομοκρατημένη. Αρχισε να παίζει τις νότες καθισμένος στο σκαμπό στο πιάνο και μου ζήτησε να πω τις λέξεις: «Απ’ το παράθυρό μου στέλνω…». Λίγη ώρα αργότερα το τραγούδι ήταν έτοιμο. Τον έβλεπα όμως πολύ φορτισμένο συναισθηματικά από τη συγκίνηση της δημιουργίας. Γύρω στις 7 το πρωί ήρθαν η Μελίνα Μερκούρη και ο Ντασσέν, με τις πιζάμες, δεν θα την ξεχάσω ποτέ αυτή την εικόνα, για να το ακούσουν and the rest is history, που λέμε.<br><em>Il était très nerveux quand je l'ai retrouvé. Mme Hatzidakis était presque terrifiée. Il s'est assis sur un tabouret devant le piano et a commencé à jouer les notes, puis il m'a demandé de dire les paroles : « Ap' to parathiro mou steno... » (Depuis ma fenêtre, j'envoie...). Quelques instants plus tard, la chanson était prête. Mais je le voyais très ému par la création. Vers 7 heures du matin, Melina Merkouri et Dassin sont arrivés en pyjama, je n'oublierai jamais cette image, pour l'écouter, et le reste appartient à l'histoire, comme on dit.</em><br><strong>He was very nervous when I found him. Mrs Hatzidakis was almost terrified. He sat down on a stool in front of the piano and started playing the notes, then asked me to say the words: ‘Ap' to parathiro mou steno...’ (From my window, I send...). A few moments later, the song was ready. But I could see that he was very moved by the creation. Around 7 o'clock in the morning, Melina Merkouri and Dassin arrived in their pyjamas, an image I will never forget, to listen to it, and the rest is history, as they say.</strong></p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/4.jpg\" alt=\"\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Αν υπάρχει ένα τραγούδι του που να με συγκινεί πιο πολύ σε σχέση με τα υπόλοιπα; Το «Χάρτινο το Φεγγαράκι» σε μουσική δική του και στίχους του Νίκου Γκάτσου. Εμφανιζόμουν θυμάμαι σε ένα κέντρο τότε και έκλεινα το πρόγραμμά μου με αυτό το κομμάτι. Ο Γκάτσος ένα βράδυ με πήρε παράμερα και μου είπε: «Ακουσε να σου πω, έχω την εντύπωση ότι δεν καταλαβαίνεις τι τραγουδάς». Και του λέω: «Γιατί, κύριε Γκάτσο; Το αγαπώ πάρα πολύ αυτό το τραγούδι και το τραγουδάω με τον δικό μου τον τρόπο. Αλλά θα προσπαθήσω κι άλλο». Ηξερα ότι με συνέκρινε με τη Μελίνα που το είχε πει με πολύ θεατρικό τρόπο στην παράσταση «Λεωφορείον ο Πόθος». Ηρθε και με άκουσε μερικές φορές ακόμη, μια νύχτα μάλιστα έφερε και τον Χατζιδάκι μαζί του και στο τέλος μου είπαν: «Εντάξει, το τραγούδι είναι πια δικό σου».<br><em>Y a-t-il une chanson de lui qui me touche plus que les autres ? « Hartino to Feggari » (La petite lune en papier), sur une musique de lui-même et des paroles de Nikos Gatsos. Je me produisais alors dans un club et je terminais mon programme avec cette chanson. Un soir, Gatsos m'a pris à part et m'a dit : « Écoute, j'ai l'impression que tu ne comprends pas ce que tu chantes. » Et je lui ai répondu : « Pourquoi, monsieur Gatsos ? J'aime beaucoup cette chanson et je la chante à ma manière. Mais je vais faire un effort supplémentaire. » Je savais qu'il me comparait à Melina, qui l'avait interprétée de manière très théâtrale dans la pièce « Le Bus du désir ». Il est venu m'écouter plusieurs fois, une nuit il a même amené Hatzidakis avec lui et à la fin ils m'ont dit : « D'accord, la chanson est désormais à toi ».</em><br><strong>Is there one of his songs that touches me more than the others? ‘Hartino to Feggari’ (The Little Paper Moon), with music by himself and lyrics by Nikos Gatsos. I was performing in a club at the time and I ended my programme with this song. One evening, Gatsos took me aside and said, \"Listen, I get the impression that you don't understand what you're singing. ' And I replied, “Why, Mr Gatsos? I really like this song and I sing it my way. But I'll make an extra effort.” I knew he was comparing me to Melina, who had performed it in a very theatrical way in the play “The Bus of Desire”. He came to listen to me several times, one night he even brought Hatzidakis with him, and in the end they said to me: ‘All right, the song is yours now.’</strong></p>\n<p><br>Ξέρετε, ο Μάνος στην αρχή δεν ήθελε καθόλου να πάω στο εξωτερικό. Το 1961 είχε γράψει τη μουσική για το γερμανικό ντοκιμαντέρ «Ελλάς, η Χώρα των Ονείρων», το soundtrack είχε μέσα πέντε τραγούδια που τα ερμήνευσα εγώ, το «Αθήνα», το «Πέλαγο είναι βαθύ», το «Τώρα που πας στην ξενιτιά» αλλά και το «Σαν σφυρίξεις τρεις φορές» που έμελλε να γίνει μία από τις μεγαλύτερες διεθνείς επιτυχίες όλης μου της καριέρας. Ακούγοντάς το οι γερμανοί παραγωγοί στα ελληνικά διαισθάνθηκαν τη δυναμική του και μου πρότειναν  να το πω στα γερμανικά ως «Weisse Rosen aus Athen» («Τα λευκά ρόδα της Αθήνας»). Ο Μάνος ήταν πολύ αρνητικός, όμως εγώ βρήκα το σθένος και επέμεινα. Τελικά γνώρισε τεράστια επιτυχία στη Γερμανία, με πωλήσεις που ξεπέρασαν τα 1,5 εκατομμύρια αντίτυπα μέσα σε λίγες εβδομάδες και αποτέλεσε τον πρώτο χρυσό δίσκο που πήρα στη ζωή μου. Το ίδιο τραγούδι το είπα και στα γαλλικά αλλά και στα αγγλικά, ως «White Rose of Athens», ακόμα και στα κορεατικά. Με αυτό το τραγούδι μπορώ να πω πως ξεκίνησε η καριέρα μου εκτός Ελλάδας.<br><em>Vous savez, au début, Manos ne voulait pas du tout que je parte à l'étranger. En 1961, il avait composé la musique du documentaire allemand « Hellas, le pays des rêves », dont la bande originale comprenait cinq chansons que j'interprétais : « Athènes », « La mer est profonde », « Maintenant que tu pars en exil » et « Si tu siffles trois fois », qui allait devenir l'un des plus grands succès internationaux de toute ma carrière. En l'écoutant en grec, les producteurs allemands ont senti son potentiel et m'ont proposé de la chanter en allemand sous le titre « Weisse Rosen aus Athen » (« Les roses blanches d'Athènes »). Manos était très réticent, mais j'ai trouvé le courage d'insister. Finalement, elle a connu un énorme succès en Allemagne, avec plus de 1,5 million d'exemplaires vendus en quelques semaines, et a été le premier disque d'or de ma vie. J'ai également interprété cette chanson en français et en anglais, sous le titre « White Rose of Athens », et même en coréen. Je peux dire que c'est avec cette chanson que ma carrière a débuté en dehors de la Grèce.</em><br><strong>You know, at first, Manos didn't want me to go abroad at all. In 1961, he composed the music for the German documentary Hellas, Land of Dreams, whose soundtrack included five songs that I performed: Athens, The Sea is Deep, Now That You're Going into Exile, and If You Whistle Three Times, which would become one of the biggest international hits of my entire career. When the German producers heard it in Greek, they sensed its potential and suggested I sing it in German under the title ‘Weisse Rosen aus Athen’ (‘White Roses from Athens’). Manos was very reluctant, but I found the courage to insist. In the end, it was a huge success in Germany, selling over 1.5 million copies in a few weeks, and was the first gold record of my life. I also performed this song in French and English, under the title ‘White Rose of Athens’, and even in Korean. I can say that it was with this song that my career outside Greece began.</strong></p>\n<p><br>Από τα τέλη της δεκαετίας του ’80, το 1987 συγκεκριμένα, ξαναβρεθήκαμε καλλιτεχνικά. Κάναμε μαζί συναυλίες – στο Καλλιμάρμαρο πρώτα και στο Καστελλόριζο, στην Κόνιτσα και στην Καλαμάτα – αλλά και τον δίσκο «Οι Μύθοι μιας Γυναίκας» σε στίχους του Γκάτσου. Είχαμε μεγαλώσει, ζούσα ήδη για πολλά χρόνια μόνιμα στο εξωτερικό και όπως μπορείτε να φανταστείτε δεν είχαμε την ίδια σχέση όπως στα νεανικά μας χρόνια, όμως όποτε κι αν βρισκόμαστε με τον Μάνο για μένα ήταν θεός. Ο Χατζιδάκις ήταν άλλωστε πάντοτε δίπλα μου. Ξέρετε, δεν ήταν μόνο ο συνθέτης αυτών των τραγουδιών μου. Κάθε φορά που ανέβαινα στη σκηνή, ένιωθα ότι ήταν εκεί να με καθοδηγεί. Και όσο περνούν τα χρόνια, συνειδητοποιώ πως δεν τραγουδάω πια μόνο για μένα ή για το κοινό, αλλά και για εκείνον<br><em>À partir de la fin des années 80, en 1987 plus précisément, nous nous sommes retrouvés artistiquement. Nous avons donné des concerts ensemble – d'abord au Kallimarmaro, puis à Kastellorizo, Konitsa et Kalamata – et nous avons également enregistré l'album « Οι Μύθοι μιας Γυναίκας » (Les mythes d'une femme) sur des paroles de Gatsos. Nous avions grandi, je vivais déjà depuis de nombreuses années à l'étranger et, comme vous pouvez l'imaginer, nous n'avions plus la même relation que dans notre jeunesse, mais chaque fois que je rencontrais Manos, il était pour moi un dieu. Hatzidakis était d'ailleurs toujours à mes côtés. Vous savez, il n'était pas seulement le compositeur de mes chansons. Chaque fois que je montais sur scène, je sentais qu'il était là pour me guider. Et au fil des ans, je me rends compte que je ne chante plus seulement pour moi ou pour le public, mais aussi pour lui.</em><br><strong>From the late 1980s, in 1987 to be precise, we reconnected artistically. We gave concerts together – first at the Kallimarmaro, then in Kastellorizo, Konitsa and Kalamata – and we also recorded the album ‘Οι Μύθοι μιας Γυναίκας’ (The Myths of a Woman) with lyrics by Gatsos. We had grown up, I had already been living abroad for many years and, as you can imagine, we no longer had the same relationship we had in our youth, but every time I met Manos, he was like a god to me. Hatzidakis was always by my side. You know, he wasn't just the composer of my songs. Every time I went on stage, I felt that he was there to guide me. And over the years, I've realised that I no longer sing just for myself or for the audience, but also for him.</strong></p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/nm2.jpg\" alt=\"\" width=\"621\" height=\"329\" data-is-external-image=\"true\"><br><br>η συνέντευξη της Νάνας Μούσχουρη δόθηκε στον δημοσιογράφο Γιώργο Νάστο και δημοσιεύθηκε στην εφημερίδα <a href=\"https://www.in.gr/2025/10/16/plus/medianews/100-xronia-manos-xatzidakis-ayti-tin-kyriaki-mazi-vima/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\"Το Βήμα\" σε ειδικό αφιέρωμα</a> για τα 100 χρόνια από τη γέννηση του Μάνου Χατζιδάκι και κυκλοφόρησε 19/10/2025. <br><em>L'interview de Nana Mouskouri a été accordée au journaliste Giorgos Nastos et publiée dans le journal <a href=\"https://www.in.gr/2025/10/16/plus/medianews/100-xronia-manos-xatzidakis-ayti-tin-kyriaki-mazi-vima/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">« To Vima » dans un numéro spécial</a> consacré au centenaire de la naissance de Manos Hatzidakis, paru le 19/10/2025. </em><br><strong>The interview with Nana Mouskouri was given to journalist Giorgos Nastos and published in the newspaper <a href=\"https://www.in.gr/2025/10/16/plus/medianews/100-xronia-manos-xatzidakis-ayti-tin-kyriaki-mazi-vima/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">‘To Vima’ in a special issue</a> dedicated to the centenary of Manos Hatzidakis' birth, published on October 19th 2025. </strong></p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"137\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n</section>\n<footer></footer>",
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            "content_html": "<section>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/cover.1.jpg\" alt=\"\" width=\"638\" height=\"563\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Dites « La chanteuse » et Nana se retournera aussitôt, comme si on avait prononcé son prénom. C’est ainsi que son mari et nombre de ses proches l’appellent, et ainsi qu’elle se présente au monde depuis si longtemps. Chanteuse avant tout, chanteuse envers et contre tout.<br><strong>Say ‘La chanteuse’ and Nana will immediately turn around, as if someone had said her name. That's what her husband and many of her friends and family call her, and that's how she's presented herself to the world for so long. A singer first and foremost, a singer against all odds.</strong></p>\n<p>Pour comprendre qui est Nana Mouskouri, il faut voir son visage s’adoucir, son regard s’éclairer aussitôt que l’on murmure une mélodie ou les paroles d’une chanson... Elle s’anime d’une joie presque enfantine et d’une émotion sans cesse renouvelée, parce qu’à la source de son être et dans son sang coulent, noires et blanches, des notes de musique.<br><strong>To understand who Nana Mouskouri is, you have to see her face soften, her eyes light up as soon as you whisper a melody or the words to a song... She comes alive with an almost childlike joy and a constantly renewed emotion, because at the source of her being and in her blood flow, black and white, notes of music.</strong></p>\n<p>Nana Mouskouri ne s’est pas contentée de faire carrière, c’eût été presque trop simple. En quête d'absolu et de vérité, elle a remonté un chemin, avec pour seule limite le soleil, écrivit le poète, son ami et maître, Nikos Gatsos, à qui elle doit l’essentiel des mots de son très précieux répertoire grec.<br><strong>Nana Mouskouri was not content to make a career - that would have been almost too simple. In search of the absolute and the truth, she set out along a path, with the sun as her only limit,’ wrote the poet, her friend and teacher, Nikos Gatsos, to whom she owes most of the words in her precious Greek repertoire.</strong></p>\n<p>Chanson traditionnelle, folksong, jazz, classique, variété, country, gospel... sa voix a fait tous les voyages et ses compagnons de route furent parmi les plus prestigieux, Manos Hadjidakis, Quincy Jones, Harry Belafonte, Bob Dylan, Joan Baez, Leonard Cohen, Serge Lama, Julio Iglesias, Charles Aznavour... Des artisans de la chanson capables, comme elle, de faire tomber les murs pour, de leurs pierres, bâtir des ponts entre les peuples.<br><strong>Traditional songs, folksong, jazz, classical, variety, country, gospel... her voice has travelled far and wide, and her fellow travellers have included some of the most prestigious names: Manos Hadjidakis, Quincy Jones, Harry Belafonte, Bob Dylan, Joan Baez, Leonard Cohen, Serge Lama, Julio Iglesias, Charles Aznavour... Artisans of song capable, like her, of breaking down walls and using their stones to build bridges between peoples.</strong></p>\n<p>90 ans, c’est un très long chemin, un peu plus de 30 000 jours, mais ce sont plus encore des milliers de soirs sur scène, à honorer la musique face à cet amant de mille bras qu’est le public comme disait Barbara. Et c’est un fabuleux monument de deux mille chansons en 22 langues, des dizaines de pays arpentés, des centaines de villes visitées et quelques centaines de millions de disques comme autant d’émotions partagées.<br><strong>90 years is a very long time, just over 30,000 days, but it's also thousands of evenings on stage, honouring music in front of that lover of a thousand arms, the public, as Barbara used to say. And it is a fabulous monument of two thousand songs in 22 languages, dozens of countries visited, hundreds of cities visited and several hundred million records as many shared emotions.</strong></p>\n<p>Chanter, pour Nana, est l'acte le plus sacré qui soit ; il revêt gravité, respect et rigueur. Elle n’a jamais chanté pour passer le temps mais bien pour exister, pour vivre et surtout survivre tandis qu’au crépuscule, la hantent encore ses démons intérieurs, une certaine mélancolie, une insécurité profonde et les immuables séquelles des guerres dont, enfant, elle a connu les ravages.<br><strong>Singing, for Nana, is the most sacred act of all; it's serious, respectful and rigorous. She has never sung to pass the time, but to exist, to live and above all to survive, while in her twilight years she is still haunted by her inner demons, a certain melancholy, deep-seated insecurity and the unchanging after-effects of the wars she experienced as a child.</strong></p>\n<p>90 ans, tant de lauriers et tous les honneurs espérés, mais Nana n’en a jamais fini... À perte de souffle, elle cherchera La Chanson, cette chanson ultime qui la rapprochera du soleil, celle qui sera enfin l’alpha et l’omega de son odyssée. Ne serait-ce pas Piôs êhi dàkria na mou dôssi, cette nouvelle chanson brodée des mots de l’éternel Gatsos qu’elle nous offre aujourd’hui, à l’occasion de cet anniversaire qui couronne les longues vies ? Ici elle recueille des larmes pour en faire une rivière et jeter dans ses eaux la misère et son chagrin, elle chante un amour devenu plume, magnifique mais inaccessible. Toute la poésie du monde !<br><strong>90 years old, so many laurels and all the honours she had hoped for, but Nana is never finished... Out of breath, she will search for La Chanson, the ultimate song that will bring her closer to the sun, the one that will finally be the alpha and omega of her odyssey. Is it not Piôs êhi dàkria na mou dôssi, this new song embroidered with the words of the eternal Gatsos that she is offering us today, on this anniversary that crowns long lives? Here she collects tears to make a river and throw misery and grief into its waters, she sings of a love that has become a feather, magnificent but inaccessible. All the poetry in the world!</strong></p>\n<p>Nana, tes amis du monde entier te souhaitent le plus tendre et bel anniversaire. Le temps s’efface et la grâce demeure parce qu’après tout, comme le chante l’ami Serge, La chanteuse a vingt ans.<br><strong>Nana, your friends all over the world wish you a very happy birthday. Time fades and grace remains, because after all, as our friend Serge sings, La chanteuse a vingt ans.</strong></p>\n<p><strong>David Lelait-Helo</strong></p>\n<p> </p>\n<p> </p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/tracklist.1.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"610\" data-is-external-image=\"true\"></strong></p>\n<p>CD 1<br>Pios échi Dakria - Une île - Pauvre Rutebeuf - L'amour en héritage - Il n'est jamais trop tard pour vivre - Habanera - Celui que j'aime - Que je sois un ange - Adieu Angélina - L'enfant au tambour - Le temps des cerises - Mon Dieu - Amazing Grace - Ave Maria - Milisse Mou - Je chante avec toi Liberté - Je reviens chez nous - Coucourroucoucou Paloma - Les parapluies de Cherbourg - Guantanamera - C'est bon la vie<br><br>CD 2<br>La petite rose - Les jours meilleurs - La Paloma - Se Que Volveras - Plaisir d'amour - Soleil soleil - Solitaire - Tous les arbres sont en fleurs - Soledad - Ecoute - Comme un soleil - Quand on s'aime - Chiquitita dis-moi pourquoi - La belle est au jardin d'amour - Le tournesol - Je n'ai pas peur de mourir avec toi - Le garçon que j'aimais - Quand tu chantes - La vie l'amour la mort - Le ciel est noir</p>\n<ul>\n<li><strong><a href=\"https://nanamouskouri.lnk.to/90anniversaire\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Liens vers la playlist</a></strong></li>\n</ul>\n<p> </p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/mousxouri.jpg\" alt=\"\" width=\"815\" height=\"384\" data-is-external-image=\"true\"></strong></p>\n<p><strong>         <img src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/inside3.jpg\" alt=\"\" width=\"324\" height=\"329\" data-is-external-image=\"true\">            <img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/inside1.jpg\" alt=\"\" width=\"356\" height=\"326\" data-is-external-image=\"true\"></strong></p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/inside2.jpg\" alt=\"\" width=\"816\" height=\"552\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Avec beaucoup d’humilité et grâce à vous, mes amis, je remercie la chance de m'avoir menée sur la route à la rencontre de merveilleux compositeurs, de poètes rares, d’excellents musiciens et auteurs et d’un producteur absolument unique, André Chapelle, qui a accompagné mon apprentissage dans le monde de la musique, en me permettant toujours de rester fidèle à mes vérités et à mes valeurs, la sincérité, l’amour et aussi le respect.<br>J’adresse un très grand merci à tous nos amis de la compagnie de disques, Philips à l’origine, Universal aujourd’hui, à qui nous avons confié il y a plus de soixante ans toutes nos chansons. Une fidélité qui n’a jamais cessé depuis tout ce temps.<br>Et surtout je veux remercier tous les amis qui m'ont suivie depuis mes débuts et écoutent encore mes chansons après toutes ces années. Nous avons tant partagé ensemble !<br>Merci pour tout cet amour qui jusqu’à aujourd'hui me remplit de force et de tendresse et me permet de croire encore en la musique.<br>Ma gratitude est infinie.<br>Je vous embrasse,</p>\n<p><strong>With great humility and thanks to you, my friends, I thank fortune for having led me on the road to meet wonderful composers, rare poets, excellent musicians and authors and an absolutely unique producer, André Chapelle. marvellous composers, rare poets, excellent musicians and writers, and an absolutely unique producer, André Chapelle, who has accompanied my apprenticeship in the world of music, always allowing me to remain faithful to my truths and values: sincerity, love and also respect.<br>I would also like to say a very big thank you to all our friends at the record company, originally Philips, now Universal, to whom we entrusted all our songs over sixty years ago. Their loyalty has never wavered since.<br>And above all I want to thank all the friends who have followed me since I started out and who are still listening to my songs after all these years later. We've shared so much together!<br>Thank you for all the love that still fills me with strength and tenderness and allows me to believe in music.<br>My gratitude is infinite.<br>I send you my love,</strong></p>\n<p><strong>Nana Mouskouri</strong></p>\n<p> </p>\n<p> </p>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/w660_1121949_nana-mouskouri-90-birthday.jpg\" alt=\"\" width=\"433\" height=\"433\" data-is-external-image=\"true\"></strong></p>\n<ul>\n<li><a href=\"https://nanamouskouri.lnk.to/90thBirthdayEM\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Liens vers la playlist en anglais</strong></a></li>\n</ul>\n<p><strong><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/w660_1121950_nana-mouskouri-90-compleanos.jpg\" alt=\"\" width=\"434\" height=\"434\" data-is-external-image=\"true\"></strong></p>\n<ul>\n<li><a href=\"https://nanamouskouri.lnk.to/90CompleanosEM\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><strong>Liens vers la playlist en espagnol</strong></a></li>\n</ul>\n<p> </p>\n<p><strong>Happy Birthday, Nana !</strong><br>Quelques jours plus tard, un album allemand a été mis en vente, avec trois nouvelles orchestrations du Royal Philarmonic Orchestra.<br><strong>A few days later, a German album was released, featuring three new orchestrations by the Royal Philharmonic Orchestra.</strong></p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/81ih81j01il._sl1500_.jpg\" alt=\"\" width=\"434\" height=\"434\" data-is-external-image=\"true\"><br>Guten Morgen Sonnenschein (nouvelle orchestration du Royal Philarmonic Orchestra) - Weiße Rosen aus Athen (nouvelle orchestration du Royal Philarmonic Orchestra) - Pios échi Dakria - La Provence (Du blühendes Land) - Lieder, die die Liebe schreibt - Ich schau den weißen Wolken nach - Lied der Freiheit (Album Version) - Glück ist wie ein Schmetterling (Album Version) - Die Welt ist voll Licht - Sieben schwarze Rosen (Album Version) - Adios - Die Rose (Album Version) - Einmal weht der Südwind wieder - Gib einem Kind deine Hand - Sag' Mir, Wo Die Blumen Sind - Schiffe, Die Sich Nachts Begegnen - Addio (Ebbe und Flut) - Ein Schiff wird kommen (Album Version) - Fascination - Johnny tambour - Ave Maria (nouvelle orchestration du Royal Philarmonic Orchestra)</p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"137\" data-is-external-image=\"true\"><br>Artwork : PhB / Agence Manny / Olympia Krasagaki<br><a href=\"https://www.facebook.com/reel/6911157292305140\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Shooting photo avec O. Krasagaki</a><br>@ PhB, upd 27 oct. 2024</p>\n</section>",
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            "content_html": "<section>\n<p><strong>Once upon a time, there was truth</strong></p>\n<p>La vérité est une des plus nobles valeurs. Elle est précieuse, invisible, et c’est une quête qui se pose depuis la nuit des temps. Les philosophes, et tout homme, cherchent à la trouver et à la reconnaître au fil de leur existence.<br><strong>— Truth is one of the noblest values. It is precious, invisible and has been sought since the dawn of time. Philosophers, and every human being, seek to find it and recognise it in the course of their lives. </strong></p>\n<p><br><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/img/50j.png\" alt=\"\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>On essaie de lui donner un visage translucide, mais la lumière éclatante qu’elle dégage devient un obstacle qui peut faire peur, alors elle disparaît pour mieux réapparaître, ailleurs, sous une autre forme, quelque part où elle sera perçue et comprise.<br>Quand un enfant vient au monde, il a un esprit qui se développe en fonction des influences multiples qui construisent son avenir.<br>Nous évoluons, vivons et respirons avec nos vérités, valeurs que nous apprenons depuis notre plus jeune âge, au moment où nous étions avides de découvertes, à chaque pas, au fil des jours ! Nous parcourons un chemin parsemé de roses et d’épines, de notes noires et blanches, un chemin dont on n’arrive jamais à bout tant que nous cherchons la vérité. Ce sont nos vérités qui nous guident à chercher une destination. En réalité, le voyage vers cette destination est bien plus important et enrichissant que cette même destination. Sur notre route, nous traversons beaucoup de carrefours, parsemés de roses et d’épines, de joies et de larmes et nous faisons aussi des rencontres qui nous aident à découvrir d’autres chemins. C’est à nous qu’il importe de choisir des notes noires ou blanches pour poursuivre notre chemin jusqu’à l’arrivée.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/ange.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n</section>\n<blockquote>\n<p><strong> Que je sois un ange (live) </strong>- Album : Au Théâtre des Champs-Elysées (1974) </p>\n<div>Que je sois un ange Que je sois un diable C'est aussi insupportable Mon cœur est étranger La musique le change toujours De notes noires et blanches Ce n'est pas vraiment l'ennui Cest un rêve qui fuit Vers des villes toutes neuves Où règnent des mendiants Mon angoisse est un fleuve D'où des pleurs d'enfants lèvent Ces chansons que pleure ma voix Ne sont pas à moi Elles s'enroulent autour D'un ancien amour oublié Et tous les mots expirent Car je veux te dire Je suis muselée Tes yeux me déchirent Ton regard m'attire Triste et noir Et moi je t'ai, mon rêve obscur Comme entre leurs murs S'en vont les prisonniers Qui seront demain fusillés Que je sois un ange Que je sois un diable C'est aussi insupportable Je ne peux plus changer Dans mon coeur Ce mélangent toujours Des larmes noires et blanches<br>(Serge Lama / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Melanie\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Melanie Safka</a>)</div>\n</blockquote>\n<p><strong>— We try to give it a translucent face, </strong>but the brilliant light it gives off becomes an obstacle that can be frightening, so it disappears only to reappear elsewhere, in another form, somewhere where it will be perceived and understood.<br>When a child is born, it has a mind that develops according to the multiple influences that shape its future.<br>We evolve, live and breathe with our truths and values, which we have been learning since we were very young, when we were eager to discover new things, at every step of the way, day after day! We walk a path strewn with roses and thorns, black and white notes, a path we can never complete as long as we seek the truth. It is our truths that guide us in our search for a destination. In reality, the journey to that destination is far more important and enriching than the destination itself. On our way, we cross many crossroads, strewn with roses and thorns, joys and tears, and we also meet people who help us discover other paths. It's up to us to choose black or white notes to continue our journey to the finish.</p>\n<p>Ce voyage, dont on n’arrive jamais à bout, tant notre quête de la vérité est grande. Par la suite, on s’aperçoit que la vérité n’est pas universelle. Elle comporte des différences et dépend de l’esprit de justice qui se trouve dans chacun de nous. [...]<br>Toute ma vie, cette vérité, j’ai tenté de la chercher, de la comprendre, car jadis elle me faisait peur. Je ne peux oublier ces moments douloureux quand ma mère faisait grief des erreurs commises par mon père et lui, au lieu de les reconnaître, s’énervait et finissait par la frapper.<br>Mais, malgré tout, mes parents nous ont appris, à ma sœur et à moi que, dans la vie, pour être apprécié, il faut être honnête, dire la vérité. C’est d’ailleurs à la maison que commence l’éducation, l’école vient après. Elle nous prépare à faire face aux vérités de la vie.Nos enfants et la famille font partie de nos valeurs, de notre héritage. Ils sont les racines de la création, de l’avenir, de l’humanité. Savoir évoluer avec morale, amour et respect envers tout être humain.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/verite.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> Ma vérité</strong> - Album : Ma vérité (1985)</p>\n<div>La vérité nous vient du Nord Les soirs d'hiver quand le vent crie plus fort Elle vient du Sud les jours d'été Quand les cigales ont le cœur à chanter Elle est d'Orient ou d'Occident Selon les lois le royaume et l'accent Mais quel que soit le temps qui court Je dis que ma vérité c'est l'amour La vérité elle est d'hier Pour le vieil homme qui ressemble à son père Et à venir pour ce gamin Qui croit qu'il va la tenir dans ses mains Elle est d'ici ou de là-bas Elle est Jésus Mahomet ou Bouddah Mais quel que soit le temps qui court Je dis que ma vérité c'est l'amour La vérité elle a tes yeux Lorsque tu pleures sur l'enfant malheureux Et quand tu viens pour m'écouter Elle a la voix de la sincérité Je ne suis là En vérité Que pour chanter Ma vérité<br>(Pierre Delanoë / Claude Lemesle / Richard Wagner)</div>\n</blockquote>\n<p><strong>— It's a journey we never get to the end of, </strong>so great is our quest for the truth. Then we realise that truth is not universal. It has its differences and depends on the spirit of justice in each of us. [...]<br>All my life I've tried to seek out and understand this truth, because it used to frighten me. I can't forget those painful moments when my mother complained about the mistakes my father had made and he, instead of acknowledging them, would get angry and end up hitting her.<br>But, despite everything, my parents taught my sister and me that, in life, to be appreciated, you have to be honest and tell the truth. In fact, education begins at home, and school comes later. It prepares us to face the truths of life.<br>Our children and the family are part of our values, our heritage. They are the roots of creation, of the future, of humanity. We must know how to evolve with morality, love and respect for all human beings.</p>\n<p>Rester soi-même est une valeur intemporelle. D’où viens-tu et quelles valeurs as-tu ? Questions essentielles. Quoi qu’on en pense, la mondialisation est hélas un fait. Il ne faut pas non plus la sanctifier, car ce n’est pas toujours un bienfait, c’est plutôt une fatalité obligatoire et elle révèle des aspects qui me dérangent, car j’ai l’impression d’être sous occupation. On a tendance à s’uniformiser, sous prétexte d’être tous égaux. On s’habille et on s’alimente de la même façon dans le monde entier, pour ne prendre qu’un exemple, sans tenir compte des spécificités de chacun, et on prône l’émergence d’un standard culturel. Pourtant, certaines saveurs n’ont pas le même goût, quand elles sont consommées dans leur pays d’origine, qu’ailleurs et inversement. Les objectifs de chacun sont biaisés. Pour l’opinion publique, être une star, c’est réussir, mais ce n’est pas être artiste pour autant. Cette perte de valeur m’interpelle au fil du temps. Malheureusement, la mondialisation relève toujours du profit maximal, car elle est à la recherche de moindres coûts de production sans faire attention aux conséquences, notamment écologiques.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/noirgarou.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong>Le ciel est noir </strong>(duo <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Garou\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Garou</a>) - Album : Rendez-Vous (2011)</p>\n<div>D'où viens-tu mon fils aux yeux si bleus D'où viens-tu mon fils à l'air si malheureux J'ai marché, j'ai rampé sur 10 vieilles routes J'ai piétiné les feuilles de 20 forêts sans arbres Je me suis promené devant 30 mers mortes J'ai pointé sur le flanc de 40 montagnes J'ai fait 100.000 miles sur les chemins du bagne Le ciel est noir, le ciel est noir Il est noir, il est noir C'est une pluie noire qui va tomber<br>Qu'as-tu vu mon fils de tes yeux bleus Qu'as-tu vu mon fils à l'air si malheureux J'ai vu un nouveau-né dans la gueule d'une louve Une route en diamants sale comme le Gange Du sang sur les statues dans les jardins du Louvre Du sang sur les pinceaux d'un nouveau Michel-Ange Et dix milles commères qui n'avaient plus de langue J'ai vu un oiseau blanc qui volait sur une aile Des enfants qui jouaient aux bombes H à Sarcelles Le ciel est noir, le ciel est noir Il est noir, il est noir C'est une pluie noire qui va tomber<br>Qu'entends-tu mon fils aux yeux si bleus Qu'entends-tu mon fils à l'air si malheureux J'entends un tonnerre roulant au bout du monde J'entends claquer des pas qui viennent de l'ombre J'entends des musiciens que personne n'écoute J'entends 100.000 cris et des gens qui s'en foutent Des voyous qui se moquent d'un petit monsieur triste La chanson d'un poète qui cherche une musique J'entends la voix d'un clown qui pleure sur la piste Le ciel est noir, le ciel est noir Il est noir, il est noir C'est une pluie noire qui va tomber<br>Et alors mon fils aux yeux si bleus Et alors mon fils aux yeux si malheureux J'ai vu un petit noir sur un cheval blanc mort J'ai vu un milliardaire qui distribuait son or J'ai vu un avocat me dire qu'il avait tort J'ai vu un étudiant qui s'arrosait d'essence J'ai vu un roi de Prusse qui me donnait la France Un vieillard qui courait sans avoir une chance Le ciel est noir, le ciel est noir Il est noir, il est noir C'est une pluie noire qui va tomber<br>Que fais-tu mon fils aux yeux si bleus Que fais-tu mon fils à l'air si malheureux Je m'en vais repartir avant que la pluie tombe Me cacher dans le fond d'une forêt très sombre Où les gens sont tous pauvres Et où leurs mains sont vides Où l'on ne voit plus rien, ni les pleurs, ni les rides Et où tout est pareil mais en prison-château Où les bourreaux vous tuent en vous jetant des fleurs Où voleurs et volés jouent au poker menteur Où la couleur est noire et le nombre zéro Et puis je reviendrai, je le crierai au monde En haut de la montagne jusqu'au fin fond de l'ombre Et puis je marcherai sur une mer profonde Et je m'enfoncerai doucement dans ma tombe Le ciel est noir, le ciel est noir Il est noir, il est noir C'est une pluie noire qui va tomber<br>Le ciel est noir, le ciel est noir Il est noir, il est noir C'est une pluie noire qui va tomber<br>(Pierre Delanoë / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/A_Hard_Rain%27s_a-Gonna_Fall\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bob Dylan</a>)</div>\n</blockquote>\n<p><strong>— Being yourself is a timeless value. </strong>Where do you come from and what values do you have? Essential questions. Whatever we think of it, globalisation is unfortunately a fact of life. We shouldn't sanctify it either, because it's not always a blessing, it's more of an inevitability and it reveals aspects that bother me, because I feel like I'm under occupation. We have a tendency to become uniform, under the pretext of being all equal. We dress and eat the same way all over the world, to take just one example, without taking into account the specificities of each individual, and we advocate the emergence of a cultural standard. Yet some flavours taste different when consumed in their country of origin than when consumed elsewhere, and vice versa. Everyone's objectives are skewed. For the public, being a star means being successful, but it doesn't mean being an artist. This loss of value has struck me over the years. Unfortunately, globalisation is always about maximising profit, because it's about cutting production costs without considering the consequences, particularly the ecological ones.</p>\n<p>Certaines valeurs restent toujours aussi authentiques. C’est sans doute le cas de nombreuses récompenses et titres honorifiques qui m’ont été décernés. Pour moi, il ne s’agit pas de distinctions en tant que telles. C’est surtout un honneur pour moi, c’est comme une réponse à la sincérité de mon travail, au chemin que j’ai choisi. Je n’ai pas assez de mots pour remercier ceux qui me les ont attribués et ceux qui ont pris l’initiative de me les proposer. Je les respecte profondément.<br>La plus récente m’a été attribuée le 30 mai 2013 à Montréal. J’ai été nommée docteur honoris causa des Arts et Lettres à l’Université MacGill ! Deux jours avant, j’étais faite officier de l’ordre national du Québec par Pauline Marois, le Premier ministre !<br>En 2008, j’ai reçu la médaille d’or d’Athènes, par le maire de la capitale grecque. La même année, j’étais propulsée au grade de haut commandant de l’ordre du Mérite du Grand-duché de Luxembourg. La France n’a pas été absente des médailles. J’ai été <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_des_Arts_et_des_Lettres\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">chevalier des Arts et des Lettres</a> en 1986, médaille de vermeil en 2003 et officier de la Légion d’honneur en 2007. Outre-Atlantique, j’ai été lauréate des ambassadeurs de bonne volonté auprès de l’Unicef en 2003 à Los Angeles, et j’ai reçu, en 1998, le prix Athenagoras Human Rights Award par le patriarche orthodoxe d’Amérique. Il y en a eu bien d’autres. Même l’Allemagne m’a remis le Berliner Bär, l’ours berlinois de la mairie de la capitale allemande.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/blumen.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong>Sag mir wo die Blumen sind </strong>- Album : Lieder, die die Liebe schreibt (1978)</p>\n<div>Sag mir wo die Blumen sind Wo sind sie geblieben Sag mir wo die Blumen sind Was ist gescheh'n Sag mir wo die Blumen sind Mädchen pflückten sie geschwind Wann wird man je verstehn Wann wird man je verstehn Sag mir wo die Mädchen sind Wo sind sie geblieben<br>Sag mir wo die Mädchen sind Was ist gescheh'n Sag mir wo die Mädchen sind Männer nahmen sie geschwind Wann wird man je verstehn Wann wird man je verstehn<br>Sag mir wo die Männer sind Wo sind sie geblieben Sag mir wo die Männer sind Was ist gescheh'n Sag mir wo die Männer sind Zogen fort der Krieg beginnt Wann wird man je verstehn Wann wird man je verstehn<br>Sag wo die Soldaten sind Wo sind sie geblieben Sag wo die Soldaten sind Was ist gescheh'n Sag wo die Soldaten sind Über Gräbern weht der Wind Wann wird man je verstehn Wann wird man je verstehn<br>Sag mir wo die Gräber sind Wo sind sie geblieben Sag mir wo die Gräber sind Was ist gescheh'n Sag mir wo die Gräber sind Blumen blüh'n im Sommerwind Wann wird man je verstehn Wann wird man je verstehn<br>Sag mir wo die Blumen sind Wo sind sie geblieben Sag mir wo die Blumen sind Was ist gescheh'n Sag mir wo die Blumen sind Mädchen pflückten sie geschwind Wann wird man je verstehn Wann wird man je verstehn Wann wird man je verstehn Ach wird man je verstehn<br>(<a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Pete_Seeger\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pete Seeger</a> / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Goraguer\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alain Goraguer</a> / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Max_Colpet\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Max Colpet</a>)</div>\n</blockquote>\n<p><strong>— Some values remain as authentic as ever. </strong>This is undoubtedly the case with many of the awards and honours I have received. For me, these are not distinctions as such. Above all, it's an honour for me, like a response to the sincerity of my work and the path I've chosen. I don't have enough words to thank those who awarded them to me and those who took the initiative of proposing them to me. I deeply respect them.<br>The most recent was awarded to me on 30 May 2013 in Montreal. I was made an honorary Doctor of Arts and Letters at MacGill University! Two days earlier, I was made an Officer of the National Order of Quebec by Prime Minister Pauline Marois!<br>In 2008, I was awarded the Gold Medal of Athens by the Mayor of the Greek capital. That same year, I was promoted to the rank of High Commander of the Order of Merit of the Grand Duchy of Luxembourg. France has not been absent from the medals. I was awarded the <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Ordre_des_Arts_et_des_Lettres\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Chevalier des Arts et des Lettres</a> in 1986, the Médaille de Vermeil in 2003 and the Officier de la Légion d'Honneur in 2007. Across the Atlantic, I was a UNICEF Goodwill Ambassador laureate in Los Angeles in 2003, and in 1998 I received the Athenagoras Human Rights Award from the Orthodox Patriarch of America. There have been many others. Even Germany awarded me the Berliner Bär, the Berlin bear from the town hall of the German capital.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/alfonsina.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong> <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Alfonsina_Storni\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alfonsina y el mar</a> </strong>- Album : Nana Latina (1996)</p>\n<div>Por la blanca arena que lame el mar Su pequeña huella no vuelve más Y por un sendero de pena y silencio llegó Hasta el agua profunda Y un sendero sólo de penas mudas llegó Hasta la espuma Sabe Dios que angustia te acompañó Que dolores viejos calló tu voz Para recostarse arrullada En el fondo de la caracola marina La canción que canta en fondo oscuro del mar La caracola<br>Te vas Alfonsina con tu soledad Que poemas nuevos fuiste a busca Una voz antigua de viento y de sal Te requiebra el alma y te está llevando Y te vas hacia allá como un sueño Dormida Alfonsina vestida de mar<br>Cinco sirenitas te llevarán Por caminos de algas y de coral Y fosforescentes caballos marinos harán Una ronda a tu lado Y los habitantes del agua van a jugar Pronto a tu lado Bájame la lampara un poco más Déjame que duerma en tris en paz Y si llama él no le digas que estoy dile que Alfonsina no vuelve Y si llama él no le digas nunca que estoy Di que me he ido<br>Te vas Alfonsina con tu soledad Que poemas nuevos fuiste a busca Una voz antigua de viento y de sal Te requiebra el alma y te está llevando Y te vas hacia allá como un sueño Dormida Alfonsina vestida de mar<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Luna\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Felix Luna</a> / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Ariel_Ram%C3%ADrez\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ariel Ramírez</a>) - Traduction française des paroles <a href=\"https://www.lacoccinelle.net/268376.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">sur ce lien</a></div>\n</blockquote>\n<p>Au-delà de la gratitude, j’ai un profond respect pour ces institutions. La République dominicaine m’a honorée du titre de haut commandant de l’ordre de Gran Cruz de Placa de Plata, en 2006, et mon pays la Grèce, quelques mois plus tard, m’a remis, par les mains du président de la République, Carolos Papoulias, le titre de haut commandant de bénévolat.</p>\n<p><strong>— Beyond gratitude,</strong> I have a deep respect for these institutions. The Dominican Republic honoured me with the title of High Commander of the Order of Gran Cruz de Placa de Plata in 2006, and a few months later my country, Greece, presented me with the title of High Voluntary Commander from the hands of the President of the Republic, Carolos Papoulias.</p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"166\" height=\"101\" data-is-external-image=\"true\"> <br>Artwork : Nana Mouskouri / PhB<br>© 2013 Nana Mouskouri – Itinéraire intime (Cherche-midi)</p>",
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            "content_html": "<section>\n<p>Liberté, un privilège</p>\n<p>Ah, la liberté ! Sœur jumelle de l’indépendance…<br><strong>Ah, freedom! Twin sister of independence...</strong></p>\n<p>Riche en valeurs ; nous déclarons des guerres pour faire régner l’égalité, la justice et la liberté mais, parfois, nous récoltons une dictature. La liberté, tout le monde la recherche, depuis sa naissance, mais on ne la trouve pas toujours. On en parle comme si elle nous était acquise. Certains croient la posséder mais, en réalité, elle est en nous. Nous connaissons à travers divers récits, des hommes emprisonnés et qui, bien qu’étant enfermés, entravés, continuaient à se sentir libres. Encore faut-il reconnaître cette liberté !</p>\n<p><strong>— Rich in values,</strong> we declare wars to bring about equality, justice and freedom, but sometimes we reap the rewards of dictatorship. We all seek freedom, from birth, but we don't always find it. We talk about it as if we took it for granted. Some believe they possess it, but in reality it is within us. Various stories tell us of men who were imprisoned and who, despite being locked up and shackled, continued to feel free. But we still have to recognise that freedom!</p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/img/ol86.png\" alt=\"\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/prisonnier.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></section>\n<p><strong>Prisonnier dans l'île </strong>- Album : Une voix (1972)</p>\n<div>Une bouteille sur la mer Un parchemin roulé dedans Sont arrivés un jour d'hiver Entre les mains de mon enfant Toi l'étranger qui me lira Réserve une prière Réserve une prière, pour moi Mon ciel est rayé de barreaux Je dors avec le bruit de l'eau Et je suis prisonnier dans l'île Un vieux carré de parchemin Une écriture d'un autre temps Tout cela venait d'une main Cachée sous terre depuis longtemps Toi l'étranger qui me lira Réserve une prière Réserve une prière, pour moi Mon ciel est rayé de barreaux Je dors avec le bruit de l'eau Et je suis prisonnier dans l'île Qui était-il? un vieux brigand Ou un poète sans ami Un homme qui bravait les grands Ou qui aimait trop son pays Toi l'étranger qui me lira Réserve une prière Réserve une prière, pour moi Mon ciel est rayé de barreaux Je dors avec le bruit de l'eau Et je suis prisonnier dans l'île<br>(Eddy Marnay / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%B3rgos_Katsar%C3%B3s\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Yorgos Katsaros</a>)</div>\n<p>Pour cela, elle doit nous être enseignée, nous devons la respecter et chercher pleinement à la vivre en ayant comme seule frontière celle du respect de la liberté des autres. « Je chante avec toi, liberté ». Cette chanson est devenue, entre 1981 et 1982, un immense et phénoménal succès, non seulement en France mais dans le monde entier. Elle a traversé l’Espagne, l’Amérique du Sud et elle s’est implantée encore plus en Europe, et surtout les pays de l’Est qui étaient opprimés par des régimes totalitaires. La liberté, pour eux, se résumait à un rêve. Ils étaient dans l’obscurité, impossible de voir la lumière qu’ils souhaitaient. Les grands danseurs, au succès international, <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Noureev\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rudolf Noureev</a> ou <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Mikha%C3%AFl_Barychnikov\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mikhaïl Baryshnikov</a> avaient, au péril de leur vie, réussi à fuir leur pays d’origine, l’ex-URSS, sous oppression, pour exercer et exprimer tout leur art dans une totale liberté et pour persévérer dans leur carrière.</p>\n<p><strong>—  To do this, we must be taught it,</strong> we must respect it and we must strive to live it to the full, with the only boundary being respect for the freedom of others. \"Je chante avec toi, liberté\" (I sing with you, freedom). Between 1981 and 1982, this song became a huge and phenomenal success, not only in France but throughout the world. It spread across Spain and South America, and became even more popular in Europe, especially in the countries of Eastern Europe, which were oppressed by totalitarian regimes.<br>For them, freedom was just a dream. They were in the dark, unable to see the light they wanted. The great, internationally successful dancers <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Nureyev\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rudolf Nureyev</a> and <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Mikhail_Baryshnikov\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mikhail Baryshnikov</a> risked their lives to flee their oppressed homeland, the former USSR, in order to practice and express their art in total freedom and to pursue their careers.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/liblive.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<p><strong>Je chante avec toi Liberté (live)</strong> - Album : Live at Herod Atticus (1984)</p>\n<div>Quand tu chantes je chante avec toi liberté Quand tu pleures je pleure aussi ta peine Quand tu trembles je prie pour toi liberté Dans la joie ou les larmes je t'aime Souviens-toi de jours de ta misère Mon pays tes bateaux étaient tes galères Quand tu chantes je chante avec toi liberté Et quand tu es absente j'espère Qui-es-tu? Religion ou bien réalité Une idée de révolutionnaire Moi je crois que tu es la seule vérité La noblesse de notre humanité Je comprends qu'on meure pour te défendre Que l'on passe sa vie à t'attendre Quand tu chantes je chante avec toi liberté Dans la joie ou les larmes je t'aime Les chansons de l'espoir ont ton nom et ta voix La chemin de l'histoire nous conduira vers toi liberté, liberté<br>(Pierre Delanoë / Claude Lemesle / Giuseppe Verdi)</div>\n<p>Ils avaient besoin d’ouvrir toutes les frontières pour se sentir appréciés. Le monde entier ne les a pas déçus, partout, la même ferveur, la même admiration et le respect de tous. Chacun avec sa personnalité est devenu un artiste unique et a apporté beaucoup à son art, la danse classique pour Noureev et la danse moderne pour Baryshnikov. Et en même temps, grâce au bonheur qu’ils ont procuré à leur public, ils réussissaient à rendre hommage et à honorer leur pays d’origine. [...] <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Mur_de_Berlin\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Berlin et son mur</a>, c’est peut-être ce qui m’a réconciliée avec l’Allemagne, depuis la première fois que j’ai atterri à l’aéroport de Tempelhof, il y a cinquante-deux ans. Nous avions en commun d’avoir partagé et vécu les mêmes injustices et les mêmes souffrances, chacun de son côté. Eux avec un mur pesant sur leur quotidien et nous avec la guerre civile. Nous nous sommes posé les mêmes questions qui restent toujours sans réponses, nous, cette génération d’après la Seconde Guerre mondiale. […]</p>\n<p><strong>—  They needed to open</strong> all borders to feel appreciated. The whole world did not disappoint them, with the same fervour, the same admiration and the same respect from everyone. Each with his own personality became a unique artist and contributed much to his art, classical dance for Nureyev and modern dance for Baryshnikov. And at the same time, thanks to the happiness they brought to their audiences, they succeeded in paying tribute to and honouring their countries of origin. [...] <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Berlin_Wall\" target=\"_top\">Berlin and its wall</a> are perhaps what reconciled me with Germany, from the first time I landed at Tempelhof airport fifty-two years ago. What we had in common was that we had shared and experienced the same injustices and the same suffering, each on our own side. They with a wall weighing down on their daily lives and we with the civil war. We asked ourselves the same questions that still remain unanswered, we, the post-Second World War generation. [...]</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/bonheur.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<p><strong>Le bonheur est une légende</strong> - Album : Par amour (1987)</p>\n<div>Le bonheur est une légende D'où vient-elle? J'avais de grands yeux en amande J'étais belle Princesse de sang, les mésanges Venaient me manger dans la main Le pain que m'apportaient les anges J'étais bien Le bonheur est une légende D'où vient-elle? Autour de mes gestes, d'où pendent Ces dentelles? Ce château, ce prince qui chante Avec un sourire enfantin Avant que les fées soient méchantes J'étais bien Crépuscule Majuscule Balançoire Bulle à bulle Minuscule Ma mémoire Goutte à goutte Revient toute Sur la route Du passé Souvenance De séquences Effacées Le bonheur est une légende D'où vient-elle? C'est à vous que je le demande Mademoiselle Vous qui avez l'âge d'y croire Et devant vous votre destin C'est vrai qu'au début de l'histoire J'étais bien Crépuscule Majuscule Balançoire Bulle à bulle Minuscule Ma mémoire Goutte à goutte Revient toute Sur la route Du passé Souvenance De séquences Effacées Crépuscule Majuscule Balançoire Bulle à bulle Minuscule Ma mémoire Goutte à goutte S'est dissoute Sous des voûtes Étoilées Souvenance d’existences oubliées Le bonheur est une légende D'où vient-elle? Dans le ciel, qui donc me demande Qui m'appelle?<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Lama\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Serge Lama</a> / Tony Stefanidis)</div>\n<p>La liberté, c’est aussi l’indépendance<br>L’indépendance est multiple, c’est une notion que nous recherchons tous, elle est aussi bien morale que physique ou économique. Nous en avons tous besoin mais il faut savoir la puiser en nous, savoir vouloir la conquérir car il faut se défaire non seulement de son carcan culturel mais aussi de son carcan personnel. Elle laisse toujours des traces, en venant au monde, nous dépendons de nos parents, des personnes qui nous élèvent, de notre entourage. C’est à chacun de nous, au fur et à mesure que nous grandissons, de savoir trouver cette indépendance et assouvir cette recherche. L’indépendance mène aussi à une forme de liberté. En ce qui me concerne, j’ai cherché à chaque moment cette indépendance, en tant que chanteuse et en menant de front aussi bien ma vie de femme, d’épouse, de mère, de sœur que d’amie. Si j’ai toujours été à la recherche de mon indépendance, ce qui m’est insupportable, c’est l’injustice et l’indifférence. Dans les différents combats que j’ai dû mener, notamment en tant qu’ambassadeur de bonne volonté de l’<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonds_des_Nations_unies_pour_l%27enfance\" target=\"_top\">Unicef</a>, c’était l’injustice qui se manifestait dans nombre de pays et qui se traduisait par de multiples drames. Il y aura toujours des conflits si nous n’instaurons pas un minimum de justice. Essayer de créer de la justice ne doit pas être impossible.</p>\n<p><strong>— Freedom also means independence</strong> <br>Independence has many facets, and it's something we all seek, whether it's moral, physical or economic. We all need it, but we have to know how to draw it out of ourselves, how to want to conquer it, because we have to free ourselves not only from our cultural straitjacket but also from our personal straitjacket. When we come into the world, we depend on our parents, the people who bring us up and those around us. It's up to each of us, as we grow up, to know how to find this independence and satisfy this search. Independence also leads to a form of freedom. As far as I'm concerned, I've always sought this independence, as a singer and as a woman, as a wife, as a mother, as a sister and as a friend. While I have always sought my independence, what I find unbearable is injustice and indifference. In the various battles I have had to fight, particularly as a goodwill ambassador for <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/UNICEF\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">UNICEF</a>, it was injustice that manifested itself in many countries, resulting in multiple tragedies. There will always be conflicts if we don't establish a minimum of justice. Trying to create justice should not be impossible.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/serons.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<p><strong>Serons-nous spectateurs ?</strong> - Album : Par amour (1987)</p>\n<div>Quand un enfant a faim A l'âge où l'insouciance devrait le nourrir De son pollen ardent qui le ferait courir Dans l'eden immédiat des années de lumière Qui sont le vrai trésor qu'on nous offre sur terre Que tout me semble vain Quand un enfant a faim Serons-nous spectateurs Lorsque des enfants meurent? Quand un enfant a froid A l'âge où l'insouciance devrait le couvrir D'un manteau arc-en-ciel irisé de plaisir Plus les hommes vont loin chaque jour il s'avère Que là est le jardin, quel beau jardin la terre J'en ai honte parfois Quand un enfant a froid Serons-nous spectateurs Lorsque des enfants meurent? Quand un enfant a peur A l'âge où l'insouciance offre son auréole Aux enfants de la terre: noirs, blancs, jaunes ou créoles L'injustice et l'horreur qui nous semblent banales Tant on nous a montré que la guerre est fatale Serons-nous spectateurs Quand un enfant a peur? Serons-nous spectateurs Lorsque des enfants meurent? Devant notre bocal où tout devient banal Tant on nous a montré que la guerre est fatale Serons-nous spectateurs Lorsque des enfants meurent?<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Barouh\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Pierre Barouh</a> / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Francis_Lai\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Francis Lai</a>)</div>\n<p>La liberté, c’est enfin la justice<br>Quand nous défendons les droits de l’homme, les droits et la protection des enfants, ceux de la femme, de l’être humain, des animaux, c’est quelque part la justice que nous cherchons tous à établir pour chacun. La justice n’est pas un simple terme, il s’agit d’une valeur morale que l’on peut placer aussi haut que la liberté, la vérité, l’humanité, l’égalité ou la démocratie. Ce sont des bases essentielles de la vie. Partout nous cherchons à trouver la justice et l’espoir et si quelque part on croit l’avoir trouvée, soudain, un événement étranger peut la détruire car, en réalité, elle est très fragile. Il faut la respecter pour pouvoir la distinguer et l’appliquer à son quotidien sans l’imposer. C’est la base de l’éducation qui nous apprend avant toute chose à respecter les valeurs.</p>\n<p><strong>— Freedom means justice </strong> <br>When we defend human rights, the rights and protection of children, of women, of human beings and of animals, it is in some way justice that we are all seeking to establish for everyone. Justice is not just a term, it is a moral value that can be placed as high as freedom, truth, humanity, equality or democracy. These are the essential foundations of life. We seek justice and hope everywhere we go, and if we think we've found it somewhere, suddenly a foreign event can destroy it because, in reality, it's very fragile. You have to respect it to be able to distinguish it and apply it to your daily life without imposing it. This is the basis of education, which above all teaches us to respect values.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/dignity.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<p><strong>Dignity</strong> - Album : Return to Love (1996)</p>\n<div>Fat man lookin' in a blade of steel Thin man lookin' at his last meal Holly man lookin' in a cottonfield For dignity Wise man lookin' in a blade of grass Young man lookin' in the shadows that pass Poor man lookin' through painted glass For dignity Somebody got murdered on New Year's Eve Somebody said dignity was the first to leave I went into the city, went into the town Went into the land of the midnight sun Searchin' high, searchin' low Searchin' everywhere I know Askin' the cops wherever I go Have you seen dignity<br>Blind man breakin' out of a trance, Puts both his hands in the pocket of chance Hopin' to find one circumstance Of dignity I went to the wedding of Mary-Lou She said I don't want nobody see me talkin to you Said she could get killed if she told me what she knew About dignity I went down where the vultures feed I would've gone deeper, but there wasn't any need Heard the tongues of angels and the tongues of men Wasn't any difference to me Chilly wind sharp as a razor blade House on fire, debts unpaid Gonna stand at the window, gonna ask the maid Have you seen dignity<br>Drinkin' man listens to the voice he hears In a crowded room full of covered up mirrors Lookin' into the lost forgotten years For dignity Met Prince Phillip at the home of the blues Said he'd give me information if his name wasn't used He wanted money up front, said he was abused By dignity Footprints runnin' cross the silver sand Steps goin' down into tatoo land I met the sons of darkness and the sons of light In the bordertowns of despair Got no place to fade, got no coat I'm on the rollin' river in a jerkin' boat Tryin' to read a note somebody wrote About dignity<br>Sick man lookin' for the doctor's cure Lookin' at his hands for the lines that were And into every masterpiece of literature For dignity Englishman stranded in the blackheart wind Combin his hair back his future looks thin Bites the bullet and he looks within For dignity Someone showed me a picture and I just laughed Dignity never been photographed I went into the red, Iwent into the black Into the valley of dry bone dreams So many roads, so much at stake, so many dead ends I'm at the edge of the lake Sometimes I wonder what it's gonna take To find dignity<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Bob_Dylan\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bob Dylan</a>)</div>\n<p> </p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"166\" height=\"101\" data-is-external-image=\"true\"> <br>Artwork : Nana Mouskouri / PhB<br>© 2013 Nana Mouskouri – Itinéraire intime (Cherche-midi)</p>",
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            "content_html": "<section>\n<p>« Xenos » en grec, signifie « étranger », quelqu’un qui n’est pas du pays, et xénophobie, la peur des étrangers, comme le terme « xénophobe », car « phobe », « fovos » en grec, signifie « peur ». Aux antipodes, « xenia » veut dire « accueil » et « philoxene », « accueillant », car « philos » en grec signifie « ami ». « Philoxene », c’est aimer nos visiteurs, car ils aiment savoir qu’ils sont aimés au-delà de leurs frontières, ils recherchent aussi la chaleur de l’amour, en plus de leur destination. Ils sont généreux et cherchent « ta xena », « le lointain » en grec.</p>\n<p><strong>— \"Xenos\" in Greek means \"foreigner\"</strong>, someone who is not from the country, and xenophobia, the fear of foreigners, like the term \"xenophobe\", because \"phobe\", \"fovos\" in Greek, means \"fear\". On the other hand, \"xenia\" means \"welcome\" and \"philoxene\" means \"welcoming\", because \"philos\" in Greek means \"friend\". \"Philoxene\" means loving our visitors, because they like to know that they are loved beyond their borders, and they are looking for the warmth of love as well as their destination. They are generous and are looking for \"ta xena\", \"the far away\" in Greek.</p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/img/02.jpg\" alt=\"\" width=\"357\" height=\"313\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Ce qui existe à l’étranger, ailleurs, dans d’autres pays, procure un espoir à chacun. Il y a bien des années, les bateaux nous éloignaient de nos pays. En regardant les bateaux arriver, nous avions l’espoir qu’ils nous ramènent. Ce sont des paradoxes qui méritent d’être soulevés au moment où l’identité de chacun est parfois cause de ségrégation. Dans l’Antiquité, quand le « xenos » arrivait en ville, tout le monde l’accueillait, lui lavait les pieds, lui donnait à manger, et ce n’est qu’après ce rituel qu’on l’interrogeait sur son identité. Comme les temps ont changé !</p>\n<br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/xenitia.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></section>\n<blockquote>\n<p>  <strong>Tora pou pas stin xenitia</strong> (live) - Album: Live at Herod Atticus (1984)</p>\n<div>Tora pou pas stin xenitia, pouli tha gino tou notia Grigora na s'antamoso Yia na sou fero to stavro pou mou paragiles na vro Dachtilidi na sou doso Isoun kiparissi stin avli agapimeno Pios tha mou harisi to fili pou perimeno St'omorfo akrogiali kartero na mou 'rthis pali San mikro, haroumeno pouli Isoun kiparissi stin avli agapimeno Pios tha mou harisi to fili pou perimeno St'omorfo akrogiali kartero na mou 'rthis pali San mikro, haroumeno pouli Hrisi mou agapi, eche yia, na 'ne mazi sou i panayia Ki otan 'rthi to peristeri Tha 'ho kremasi filachto sto parathyri t' anichto Tin kardia mou san asteri Isoun kiparissi stin avli agapimeno Pios tha mou harisi to fili pou perimeno St'omorfo akrogiali kartero na mou 'rthis pali San mikro, haroumeno pouli Isoun kiparissi stin avli agapimeno Pios tha mou harisi to fili pou perimeno St'omorfo akrogiali kartero na mou 'rthis pali San mikro, haroumeno pouli<br>(Manos Hadjidakis / Nikos Gatsos)</div>\n</blockquote>\n<p><strong>— What exists abroad,</strong> elsewhere, in other countries, gives hope to everyone. Many years ago, ships took us away from our own countries. As we watched the ships arrive, we hoped that they would take us back. These are paradoxes that deserve to be raised at a time when everyone's identity is sometimes the cause of segregation. In ancient times, when 'xenos' arrived in the city, everyone welcomed them, washed their feet and gave them something to eat, and it was only after this ritual that they were questioned about their identity. How times have changed!</p>\n<p>Parfois, en regardant les informations, j’ai souvent l’impression qu’on régresse. Les images qui nous sont offertes ne sont pas synonymes de progrès. Je me souviens que lors de ma tournée américaine avec <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Harry_Belafonte\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Harry Belafonte</a>, il prenait le risque de me présenter à son public et n’hésitait pas à me faire poser à ses côtés. Une femme blanche à côté d’un homme de couleur, l’image n’était pas concevable à cette époque. J’ai adhéré à ses convictions, qui étaient aussi les miennes ; guidée par mes valeurs de liberté, d’égalité, d’amour pour la musique et pour mon partenaire.<br>Il n’était pas question de me laisser influencer par des mentalités et des pratiques détestables. À l’époque, les Noirs ont mené un rude combat et ont réussi à faire changer les mentalités. Or, quand je vois l’Europe se laisser gangréner par la montée des extrémismes, de la criminalité et du terrorisme qui conduisent à la perte du respect et de la dignité, je me sens propulsée en arrière avec un goût amer.</p>\n<p><strong>— Sometimes, when I watch the news,</strong> I often get the impression that we're going backwards. The images we are offered are not synonymous with progress. I remember that when I toured America with <a href=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/en.wikipedia.org/wiki/Harry_Belafonte\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Harry Belafonte</a>, he took the risk of introducing me to his audience and didn't hesitate to have me pose next to him. A white woman next to a man of colour was an unthinkable image at the time. I adhered to his convictions, which were also mine; guided by my values of freedom, equality, love for music and for my partner.<br>There was no question of letting myself be influenced by detestable mentalities and practices. At the time, black people fought hard and succeeded in changing attitudes. Now, when I see Europe allowing itself to be corrupted by the rise of extremism, crime and terrorism, leading to a loss of respect and dignity, I feel I've been thrown backwards with a bitter taste.</p>\n<p>Il faut donc apprendre à résister<br>La résistance doit s’opérer chaque jour, à tout niveau, pour être toujours libre de soi-même et respecter les autres. Il faut savoir résister à énormément de choses : à la facilité, à la mauvaise influence, à l’autorité, à la guerre, à l’agressivité. C’est en résistant que nous devenons tous responsables de notre propre vie et nous sommes responsables de ce que nous recevons. C’est pour cela que notre éducation est importante pour chacun.<br><a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Konstant%C3%ADnos_Karamanl%C3%ADs_(1907-1998)\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Constantin Caramanlis</a> me disait : « Quand tu chantes, tu dessines, tu peins le visage de ton pays. Fais attention. » Quelle responsabilité ! Je me sentais déjà responsable de tout, de mes enfants, de mes parents, de mes amis, des règles, des mots, alors mon pays venait s’y ajouter.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/soldaten.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong>Geh nicht zu den Soldaten</strong> - Album : Farben (1983)</p>\n<div>Er war grade sechzehn und fast ein Kind Voll stolz auf sein Vaterland Zwei Brüder von ihm zogen in den Krieg Der seit Jahren kein Ende fand Und eines Tags kam ein letzter Brief Dass sie fielen für ihr Land Da wollte auch er in den Krieg hinaus Doch die Mutter hielt ganz fest seine Hand<br>Mein Sohn geh nicht zu den Soldaten Du versuchst und verspielst dein Glück Zwei Söhne hab ich schon verloren Und ich weiß du kommst nie zurück Und mit seinem Mädchen verbrachte er Eine Nacht voller Zärtlichkeit Es war, als ob es die letzte wär Und sie war zu allem bereit Und am Morgen da schaute er neben sich Und da sah er, dass sie weint Sie klammerte sich wie ein Kind an ihn Und sie sagte: Wenn du jetzt gehst, ist es vorbei<br>Mein Mann geh nicht zu den Soldaten Du versuchst und verspielst dein Glück Dann hast du die Liebe verraten Ich hab Angst du kommst nie zurück Doch dann ging er zu den Soldaten Hat geglaubt, es wär seine Pflicht. Er tat, was die anderen taten Und er glaubte, es trifft ihn nicht Er merkte schon bald, dass der Krieg um ihn Keinen Halt macht vor Alt und Jung Das Dunkel der Tage ließ keine Spur Von Mut und Heldentum Er schrieb einen Brief, der sein letzter war Niemand sah ihn jemals mehr An den Sohn, der noch gar nicht geboren war Dass er klüger wird als er<br>Mein Sohn geh nicht zu den Soldaten Du versuchst und verspielst dein Glück Du wirst deine Zukunft verraten Ich hab Angst du kommst nie mehr zurück Mein Sohn geh nicht zu den Soldaten Ich hab Angst du kommst nie mehr zurück<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Ralph_Siegel\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ralph Siegel</a>  / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernd_Meinunger\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bernd Meinunger</a>)</div>\n</blockquote>\n<p><strong>—  So we have to learn to resist</strong> <br>Resistance must be practised every day, at every level, so that we can always be free of ourselves and respect others. You have to know how to resist a great many things: the easy way out, bad influences, authority, war and aggression. By resisting, we all become responsible for our own lives and we are responsible for what we receive. That's why our education is important for everyone.<br><a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Konstantinos_Karamanlis\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Constantin Caramanlis</a> said to me: \"When you sing, you draw, you paint the face of your country. Be careful\". What a responsibility! I already felt responsible for everything, for my children, my parents, my friends, the rules, the words, so my country was added to that.</p>\n<p>Pendant ma première tournée aux États-Unis, avec Harry Belafonte, le pays était en pleine lutte contre le racisme. Le climat était pesant, à chaque coin de rue. Bien entendu, cette tension se traduisait aussi dans le langage, il fallait résister à tout point de vue. C’est ainsi que Belafonte a un jour haussé le ton sur moi. Il pensait que j’étais embarrassée de qualifier la couleur de peau des musiciens parce que je les appelais « paidia ». En grec, cela signifie « enfants » et c’est un terme communément utilisé pour un groupe de garçons et même de filles.<br>Harry ne le savait pas et, en m’entendant, il est venu m’interrompre pour me dire : « Ni noirs ni blancs, tu dis guys et colored. » C’était en fait sa manière à lui de résister aux vieilles règles d’esclavage qui étaient en train de changer. Je ne pouvais pas comprendre cette haine, car en Europe et en Grèce, à cette époque, il n’y avait pas de différences raciales.<br>Faire des photos côte à côte avec Harry était une fierté plus qu’une résistance. Un affront à l’époque pour les bien-pensants, mais qu’importe, j’étais fidèle à mes convictions.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/couleurs.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong>Couleurs</strong> - Album: Qu'il est loin l'amour (1981)</p>\n<div>Dors mon enfant, c'est déjà l'heure Ça ne sert à rien que tu pleures Dans tes yeux couleur d'arc-en-ciel Il y a des larmes qui sèchent Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs Elle est en couleur mon histoire Il était blanc, elle était noire La foule est grise, grise alors Il y aura peut-être un mort Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs Il lui a donné des cerises Et noire sa main les a prises Et rouge sa bouche a mordu Il y a demain un pendu Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs Voici des fleurs toutes bien faites De la rose à la violette Le bouquet qu'il lui a offert Était bleu, rouge, jaune et vert Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs Ils ont couru jusqu'au rivage Ils riaient de tout leur visage Ils se sont baignés dans la mer Il y aura des révolvers Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs La mer est bleue pour tout le monde Pour les peaux brunes, les peaux blondes Quand l'homme s'y baigne en passant Il y a des gouttes de sang Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs Ce sang qui coule jusqu'à terre Mon enfant ferme tes paupières Pourvu que tu ne saches rien Ce sang qui coule c'est le mien Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs Les larmes sont partout pareilles Sèchent tes yeux qui s'ensommeillent Dors mon enfant, ne pleure pas Tu ne sais pas encore pourquoi Couleurs, vous êtes des larmes Couleurs, vous êtes des pleurs Couleurs, vous êtes des pleurs<br>(<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Guy_B%C3%A9art\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Guy Béart</a>)</div>\n</blockquote>\n<p><strong>— During my first tour of the United States,</strong> with Harry Belafonte, the country was in the middle of a fight against racism. The climate was heavy, on every street corner. Of course, this tension was also reflected in the language, which had to be resisted from every point of view. That's how Belafonte once raised his voice at me. He thought I was embarrassed to refer to the musicians' skin colour because I called them 'paidia'. In Greek that means 'children' and it's a term commonly used for a group of boys and even girls.<br>Harry didn't know that, and when he heard me, he interrupted me to say, \"Neither black nor white, you say guys and colored.\" It was his way of resisting the old rules of slavery that were changing. I couldn't understand this hatred, because in Europe and Greece at that time there were no racial differences.<br>Taking photos side by side with Harry was a source of pride rather than resistance. It was an affront to the self-righteous at the time, but no matter, I was true to my convictions.</p>\n<div class=\"post__iframe\"><br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/keep.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></div>\n<blockquote>\n<p><strong>How do you keep the music playing</strong> (duo Harry Belafonte)  - Album : Hollywood (1993)</p>\n<div>How do you keep the music playing How do you make it last How do keep the song from fading Too fast How do you lose yourself to someone And never lose your way How do you not run out of new things To say And since you know we're always changing How can it be the same And tell me how year after year You're sure your heart will fall apart Each time you hear Her name I know the way I feel for you It's now or never The more I love the more that I'm afraid That in your eyes I may not see forever Forever If we can be the best of lovers Yet be the best of friends If we can try with every day To make it better as it goes With any luck than I suppose The music never ends I know the way I feel for you It's now or never The more I love the more that I'm afraid That in your eyes I may not see forever Forever If we can be the best of lovers Yet be the best of friends If we can try with every day To make it better as it goes With any luck than I suppose The music never ends Never ends Never ends<br>(Michel Legrand / <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Alan_and_Marilyn_Bergman\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Alan &amp; Marilyn Bergman</a>)</div>\n</blockquote>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"166\" height=\"101\" data-is-external-image=\"true\"> <br>Artwork : Nana Mouskouri / <a href=\"https://marc-antoinecoulon.fr/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Marc-Antoine Coulon</a> / PhB<br>© 2013 Nana Mouskouri – Itinéraire intime (Cherche-midi)</p>",
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            "content_html": "<section>\n<p><strong>My zenith, from start to finish</strong></p>\n<p>Plus qu’un chiffre, c’est un début. Tout commence à zéro : la vie, par exemple. Au début de sa vie, il faut apprendre à marcher, à manger, à lire, à courir, à crier, à écouter, à voir, à travailler, à chanter, à danser… Quant à moi, en tant que chanteuse, j’ai plusieurs fois recommencé à zéro. D’abord en Grèce, puis en France, en Allemagne, en Espagne, au Canada, en Angleterre ou aux États-Unis. Sept cultures différentes avec autant de diversités, de richesses, de valeurs et d’émotions. En cinquante ans, j’ai voyagé, visité et connu les cinq continents et J’ai ainsi découvert que l’amour existait partout !<br><strong>— More than a number, it's a beginning.</strong> Everything begins at zero: life, for example. At the beginning of your life, you have to learn to walk, to eat, to read, to run, to shout, to listen, to see, to work, to sing, to dance... As for me, as a singer, I started from zero several times. First in Greece, then in France, Germany, Spain, Canada, England and the United States. Seven different cultures with just as many diversities, riches, values and emotions. In fifty years, I've travelled, visited and experienced all five continents, and I've discovered that love exists everywhere!</p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/img/moretti2.jpg\" alt=\"\" width=\"450\" height=\"349\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Mais, hélas, je sais aussi que, tant que le monde sera monde, il y aura toujours une guerre quelque part. J’ai aussi compris que rien n’était gratuit et qu’il fallait travailler dur pour exister.<br>Il y a des hommes partout qui peuvent vous écouter et vous apprécier, mais II faut aussi apprendre à les écouter. Cela peut paraître naïf, mais je suis restée sincère, d’abord envers moi-même et envers mon identité.<br><strong>— But, alas, I also know that,</strong> as long as the world exists, there will always be a war somewhere. I also realised that nothing is free and that you have to work hard to exist.<br>There are people everywhere who can listen to you and appreciate you, but you also have to learn to listen to them. It may sound naive, but I've remained sincere, first and foremost towards myself and my identity.</p>\n<br><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/01.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></section>\n<section>\n<blockquote><strong>Petit Pierre</strong> - Album : Qu'il est loin l'amour (1981)\n<div>La rivière C'est d'abord deux ou trois gouttes de pluie Petit Pierre C'est d'abord deux ou trois perles de nuit La rivière Petit Pierre C'est vrai qu'elle te ressemble Vous grandissez ensemble Sous le ciel de cascades en méandres La rivière C'est d'abord petite source d'eau claire Petit Pierre C'est d'abord petite course légère Les ruisseaux les cadeaux Au début du spectacle Sont autant de miracles Mais bientôt il va falloir se battre La rivière C'est d'abord deux ou trois gouttes de pluie Petit Pierre C'est d'abord deux ou trois perles de nuit La rivière C'est le fleuve formidable qui coule Petit Pierre C'est cet homme insatiable d'amour Les courants, les torrents Peu à peu leur font croire Qu'ils ont trouvé la gloire Mais on sait qu'à la fin de l'histoire La rivière Un matin s'en va rejoindre la mer Petit Pierre Petit rien s'en va rejoindre la terre<br>(Aliki Larios / Pierre Delanoë / Claude Lemesle)</div>\n</blockquote>\n<p>J’ai écouté avec respect et respecté également ce que l’on m’a donné, et j’ai compris pourquoi on m’a tendu la main. La décision de recommencer tout dans sa vie peut être très utile. Cela nous permet d’avancer car le surplace n’existe pas. Il n’y a pas de stagnation dans le progrès, c’est un fait. Si quelqu’un veut arriver au zénith, il doit être capable de se retirer pour recommencer, prendre de la distance un moment ou partir vers d’autres destinations. De la même manière, après une guerre ou une catastrophe, nous sommes contraints à repartir de zéro, si espoir il y a.<br>C’est justement de cet espoir que nos vies ont besoin aujourd’hui pour retrouver l’équilibre, l’amour envers son prochain, et pour avoir de l’optimisme si l’on veut vivre dans un avenir meilleur. Nous ne pouvons construire sur des ruines.<br>Il faut d’abord nettoyer le sol pour pouvoir réparer à neuf. Le monde évolue, il ne change pas. Par comparaison, quand une vieille maison a besoin d’être rénovée, on commence par refaire ses fondations, indispensables pour la soutenir. Il faut, certes, des matériaux modernes pour la faire revivre, c’est essentiel, sans pour cela enfouir son âme, son cœur, son humanité.<br><strong>— I listened with respect and</strong> also respected what I was given, and I understood why I was being reached out to. The decision to start life all over again can be very useful. It allows us to move forward, because there's no such thing as standing still. There is no stagnation in progress, that's a fact. If you want to reach your zenith, you have to be able to pull back and start again, take a step back for a while or move on to other destinations. In the same way, after a war or disaster, we are forced to start again from scratch, if there is any hope.<br>It is precisely this hope that our lives need today if we are to rediscover balance, love for our fellow man, and optimism if we are to live in a better future. We cannot build on ruins.<br>We have to clean up the ground first before we can build anew. The world evolves, it doesn't change. By comparison, when an old house needs renovating, you start by rebuilding its foundations, which are essential to support it. Of course, it needs modern materials to bring it back to life - that's essential - but without burying its soul, its heart, its humanity.<br><br></p>\n<audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n\t\t<source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/02.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></section>\n<blockquote>\n<p><strong> Le jour où la colombe</strong> - Album : Le Jour où la colombe (1967)</p>\n<div>Je ne sais pas où sont partis ces hommes Que d'autres sont venus chercher Ils ont disparus par un matin de Pâques Des chaînes à leurs poignets Combien d'entre eux vivront encore Le jour où la colombe reviendra sur l'olivier Je ne sais pas comment tiendront les pierres Dont j'ai réparé la maison Quand je suis devant ces murs qui se délabrent Je pense à la prison Où dort celui que je verrai Le jour où la colombe reviendra sur l'olivier Je ne sais pas comment vivent les arbres Que les orages ont crucifiés Et j'ai peine à croire que sous les champs de neige Dorment des champs de blés Que restera-t-il de mon cœur Le jour où la colombe reviendra sur l'olivier Je ne sais pas quoi dire à mon enfant Lorsque bientôt il parlera Des contes de fées ou des histoires de grands Qu'il ne comprendrait pas Mais quel âge aura mon enfant Le jour où la colombe reviendra sur l'olivier<br>(<a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Nachum_Heiman\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Nachum Heiman</a> / Eddy Marnay)</div>\n</blockquote>\n<p>Je crois que mon zénith à moi était l’année 1984 et le <a href=\"https://www.youtube.com/watch?v=ea2zULEAmOA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">concert que j’ai donné au théâtre d’Hérode Atticus</a>, au pied de l’Acropole à Athènes.<br>Je n’y ai chanté à nouveau que vingt-quatre ans plus tard, remplie de nouvelles expériences, mais avec une sensation différente.<br>Quand on arrive très loin ou au sommet dans une carrière, à un point que l’on n’aurait jamais pensé atteindre, il y a deux solutions : 1) se laisser aller, se retirer et disparaître ! ou 2) recommencer à zéro ! Faire comme si on avait tout perdu !<br>Tout apprendre ou réapprendre différemment. J’ai toujours vécu ce recommencement, depuis mon plus jeune âge, mais aussi plusieurs fois dans ma vie d’artiste. J’ai surtout compris que tant que l’on vivait, que l’on respirait et que l’on avait la santé, nous pouvions toujours apprendre que l’amour et l’espoir existent. Cette force de tout recommencer, je la puise aussi dans ma ville, Athènes, et dans ce théâtre d’Hérode Atticus.<br><strong>— I think my zenith was 1984</strong> and the <a href=\"https://www.youtube.com/watch?v=ea2zULEAmOA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">concert I gave at the Theatre of Herod Atticus</a>, at the foot of the Acropolis in Athens.<br>I didn't sing there again until twenty-four years later, full of new experiences, but with a different feeling.<br>When you get very far or to the top of your career, to a point you never thought you'd reach, there are two solutions: 1) let yourself go, withdraw and disappear! or 2) start all over again! Pretend you've lost everything!<br>Learn or relearn everything differently. I've always had to start again, from a very early age, but also several times in my life as an artist. Above all, I've realised that as long as we're alive, breathing and healthy, we can always learn that love and hope exist. I also draw this strength to start again from my city, Athens, and from the theatre of Herod Atticus.</p>\n<p><audio loading=\"lazy\" controls=\"controls\">\n  <source src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/audio/03.mp3\" type=\"audio/mpeg\">\n  Votre navigateur ne prend pas en charge l’audio.</audio></p>\n<blockquote>\n<p><strong>Athina</strong> (live) - Album : Live at Herod Atticus (1984)</p>\n<div>Athina, Athina Hara tis yis Ke tis avyis Mikro yalazio krino M'aspra poulia ke sinefa Ton ourano tha ntiso Ke t'onoma sou athanato Stin petra tha kentiso Sto perivoli tou mayiou Tha bo yia na dialexo Dafni mirtia ki'amaranto Stefani na sou plexo Athina, Athina Hara tis yis Ke tis avyis Mikro yalazio krino Kapia vradia Stin ammoudia Kohili sou tha yino Hara tis yis Ke tis avyis Mikro yalazio krino Sto perivoli tou mayiou Tha bo yia na dialexo Dafni mirtia ki'amaranto Stefani na sou plexo Athina, Athina<br>(Manos Hadjidakis / Nikos Gatsos)</div>\n</blockquote>\n<p>Être au pied de l’<a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Acropole_d%27Ath%C3%A8nes\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Acropole</a> me fait penser à l’agora antique, celle de Périclès qui voulait honorer Athéna en faisant construire le rocher sacré. Il a confié l’œuvre au sculpteur Phidias, et des siècles se sont écoulés avant de voir le Parthénon dominer Athènes.<br>Si ce temple de deux mille cinq cents ans a su traverser les guerres, les occupations, les catastrophes climatiques et les milliards de touristes, comment ne pas croire qu’il est possible aussi pour nous, êtres humains, de savoir recommencer à zéro à tout moment en étant fiers ?<br><strong>— Standing at the foot of the <a href=\"https://en.wikipedia.org/wiki/Acropolis_of_Athens\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Acropolis</a></strong> reminds me of the ancient agora, where Pericles wanted to honour Athena by having the sacred rock built. He entrusted the work to the sculptor Phidias, and centuries passed before the Parthenon dominated Athens.<br>If this two-thousand-and-five-hundred-year-old temple has survived wars, occupations, climatic disasters and billions of tourists, how can we fail to believe that it is also possible for us human beings to know how to start again from scratch at any time with pride?<br> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"166\" height=\"101\" data-is-external-image=\"true\"> <br>Artwork : Nana Mouskouri / <a href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Raymond_Moretti\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Raymond Moretti</a> / PhB<br>© 2013 Nana Mouskouri – Itinéraire intime (Cherche-midi)</p>\n<footer></footer>",
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I'm just a singer\".</strong></p>\n<p>A l'occasion de la sortie de ses <a href=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/index.php?article26/radio-days\">enregistrements de jeunesse des années 50</a>, la chanteuse grecque à la grande carrière internationale s’est souvenu des histoires du passé, les disques de Dylan et les conseils de Callas, de ses parents et des années d'Occupation, et a déclaré que dans sa vie, elle apprend toujours…<br><strong>On the occasion of the release of her early recordings from the 1950s, the Greek singer with a major international career recalled stories from the past, Dylan records and advice from Callas, her parents and the Occupation years, and declared that in her life she is always learning...</strong></p>\n<p><img loading=\"lazy\" title=\"2401.jpg\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2401.jpg\" alt=\"2401.jpg\" height=\"400\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p>Entretien : <a href=\"https://www.instagram.com/vlasis_kostouros/?hl=fr\">Vlasis Kostouros</a> for <a href=\"https://www.kathimerini.gr/k/k-magazine/562712524/nana-moyschoyri-mythos-ego-o-no-ego-eimai-aplos-mia-tragoydistria/\">kathimerini.gr</a></p>\n<p>Photos : Olympia Krasagaki<br><a href=\"https://online.fliphtml5.com/rsjaq/vxcc/index.html\">Voir l'article d'origine en grec | see the original article in Greek</a><br><a href=\"https://twitter.com/i/status/1721122525122310180\">Voir la video du shooting photo | See the shooting photo video</a><br>06 nov. 2023</p>\n<p> </p>\n<p>Il m'est très difficile de choisir les mots pour commencer cet article. Nana Mouskouri est un phénomène, et les phénomènes se ressentent, mais sont difficiles à décrire. Aujourd'hui encore, à 89 ans, elle nous offre avec la même passion de précieuses occasions de le ressentir.<br><strong>It is very difficult for me to choose the right words to begin this article. Nana Mouskouri is a phenomenon, and phenomena can be felt, but are difficult to describe. Even today, at the age of 89, she still offers us precious opportunities to feel it.</strong></p>\n<p>Prenez « Radio Days » par exemple. La nouvelle édition « collector » que nous présentent l'ERT et Minos Emi/Universal est, comme l'écrit de manière caractéristique Fotis Apergis <em>(directeur des radios de la direction générale des programmes de l'ERT)</em>, \"un document fait de documents\".<br><strong>Take Radio Days, for example. The new 'collector's' edition presented to us by ERT and Minos Emi/Universal is, as Fotis Apergis (Director of Radio at ERT's General Directorate of Programmes) characteristically writes, \"a document made of documents\". </strong></p>\n<p>Un double album et double vinyle rare avec 24 chansons des principaux compositeurs grecs dans des interprétations inédites, enregistrées par Mouskouri avec l'Orchestre de musique légère de la Fondation nationale de la radio dans les années 1950 dans les studios EIR.<br><strong>A rare double album and double vinyl featuring 24 songs by leading Greek composers in previously unreleased interpretations, recorded by Mouskouri with the Light Music Orchestra of the National Radio Foundation in the 1950s at the EIR studios. </strong></p>\n<p>Les premiers enregistrements de Nana, alors totalement inconnue, pour la radio grecque, qui ont été restaurés grâce à la technologie et dont nous pouvons désormais en profiter.<br><strong>The first recordings of Nana, then completely unknown, for Greek radio, which have been restored thanks to technology and which we can now enjoy. </strong></p>\n<p>Ce ne sont pas seulement des documents sur l'histoire de la chanson grecque. Ils marquent aussi la naissance d'une grande star qui, après quelques années, fera voyager la chanson grecque à travers le monde.</p>\n<p>Je la rencontre dans son quartier, Vouliagmeni, où elle a été déclarée citoyenne d'honneur l'année dernière. Elle vient d'arriver en Grèce depuis Genève, où elle vit en permanence avec son mari, André Chapelle.</p>\n<p><strong>These are not just documents on the history of Greek song. They also mark the birth of a great star who, after a few years, will take Greek song around the world.<br>I meet her in her neighbourhood, Vouliagmeni, where she was declared an honorary citizen last year. She has just arrived in Greece from Geneva, where she lives permanently with her husband, André Chapelle. </strong></p>\n<p>Nous sommes assis à une table avec vue sur le vaste ciel bleu, où elle tourne souvent son regard et le regarde en silence pendant notre conversation.<br><strong>We are sitting at a table overlooking the vast blue sky, where she often turns her gaze and looks at him in silence as we talk.</strong></p>\n<p><img loading=\"lazy\" title=\"quote.png\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/img/quote.png\" alt=\"quote.png\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p><em>Madame Mouskouri, laissez-moi vous dire que j'ai un beau palmarès. Ce n'est pas tous les jours qu'on parle à un mythe.<br><strong>Madame Mouskouri, let me tell you that I have a record. It's not every day you get to talk to a myth.</strong></em></p>\n<p>Mythe, moi ? Oh non! Vous vous trompez. Je ne suis qu'une chanteuse.<br><strong>Myth, me? No, you've got it all wrong. I'm just a singer.</strong></p>\n<p><em>Juste une chanteuse ?<br><strong>Just a singer? </strong></em></p>\n<p>C’est vrai. On peut ajouter devant « chanteur » l’adjectif « sensible ». Si je n’étais pas sensible, je ne serais pas chanteuse.<br><strong>That's right. You can add the adjective \"sensitive\" before \"singer\". If I wasn't sensitive, I wouldn't be a singer.</strong></p>\n<p><em>N'êtes-vous pas bien plus ? Une diva des musiques du monde ? La femme grecque internationale qui a passé du temps à l’étranger ? Une idole de scène avec des milliers de chansons ? Celle qui a chanté dans de nombreuses langues et qui a des fans de la Corée à l’Argentine ? N'êtes-vous pas celle qui a été au sommet des ventes mondiales, aux côtés d'Elton John, de Madonna et des Beatles ?</em><br><em><strong>Aren't you much more than that? A world music diva? An international Greek woman who has spent time abroad? A stage idol with thousands of songs? The one who has sung in many languages and has fans from Korea to Argentina? Aren't you the one who has topped the world sales charts alongside Elton John, Madonna and the Beatles?</strong></em></p>\n<p>Écoutez, tout ce que vous dites est une réalité, mais si je l'acceptais, cela signifierait que j'ai aussi une certaine confiance en moi, dont honnêtement, je ne peux pas vous dire avec certitude que je l’ai enfin trouvé. Je n'ai jamais eu confiance. Mais j'ai toujours eu du courage.<br><strong>Look, everything you're saying is a reality, but if I were to accept it, it would mean that I also have a certain confidence in myself, which honestly, I can't tell you with any certainty that I've finally found. I've never had confidence. But I've always had courage.</strong></p>\n<p><em>Avez-vous déjà perdu votre sang-froid ?<br><strong>Have you ever lost your nerve?</strong></em></p>\n<p>Jamais. J’ai été courageuse et audacieuse. Vous savez, je suis une enfant de la guerre et de l'Occupation. Lorsque, enfant, vous vous retrouvez soudainement dans un refuge, lorsque vous entendez des bombes exploser à côté de vous, lorsque vous voyez des gens perdre la vie injustement, lorsque vous avez faim, le courage se développe. C'est ce courage dont je vous parle. Ces difficultés m'ont apprise quelque chose d'important : aujourd'hui tu existes, demain tu n'existes pas.</p>\n<p><strong>I've never lost my nerve. I was brave and daring. You know, I'm a child of the war and the Occupation. When, as a child, you suddenly find yourself in a refuge, when you hear bombs exploding next to you, when you see people lose their lives unjustly, when you go hungry, courage develops. That's the courage I'm talking about. These difficulties have taught me something important: today you exist, tomorrow you don't exist.</strong></p>\n<p>J'avais aussi cette conscience de ma carrière, pas seulement de ma vie. Il ne s’agissait pas de devenir une grande star, comme c’était le cas pour beaucoup d’autres. J'ai essayé de faire mon travail correctement. D’un façon aussi honnête et vraie que possible. J'aime beaucoup un poète libanais qui a écrit quelque chose d'étonnant : « Le travail rend visible l'amour de la vie ». N'est-ce pas plutôt cool ? Le plus important pour moi c'est de travailler. Même aujourd’hui.<br><strong>I was also aware of my career, not just my life. It wasn't about becoming a big star, as a lot of people did. I tried to do my job properly. As honestly and truthfully as possible. I'm very fond of a Lebanese poet who wrote something amazing: \"Work makes the love of life visible\". Isn't that pretty cool? The most important thing for me is to work. Even today.</strong></p>\n<p>OK, je ne suis peut-être plus sur scène, mais ce superbe disque de mes premiers enregistrements est sorti. Je veux être présente dans la musique et dans la vie tout le temps.</p>\n<p><strong>OK, I may not be on stage any more, but this superb record of my early recordings is out. I want to be present in music and in life all the time.</strong></p>\n<p><em>Vous avez attrapé la musique par les cheveux. La vie aussi…<br><strong>You've got music by the hair. Life too?</strong></em></p>\n<p>Absolument. Maria Callas m'a dit un jour : \"Ce qui compte dans la vie, ce n'est pas tant ce que l'on fait, mais la manière et pourquoi on le fait.\"<br><strong>Absolutely. Maria Callas once said to me: \"What counts in life is not so much what you do, but how and why you do it.\"</strong></p>\n<p><em>Voulez-vous me dire comment et pourquoi vous avez fait ce que vous avez fait ?<br><strong>Would you like to tell me how and why you did what you did?</strong></em></p>\n<p>La façon dont j’ai vécu ma vie était complètement en harmonie avec ce que nous appelons la moralité et la liberté. Ces deux mots m'ont toujours guidée. C'est ce que mes parents m'ont appris, malgré leurs difficultés. Mon père avait une passion pour les cartes, j'ai grandi très pauvre, nous avons changé de maison parce que nous ne pouvions plus payer le loyer. Nous avons eu des difficultés, mais on apprend la vie avec ses erreurs, pas avec le bonheur. Mais de quoi parlions-nous ?<br><strong>The way I lived my life was completely in harmony with what we call morality and freedom. These two words have always guided me. That's what my parents taught me, despite their difficulties. My father had a passion for cards, I grew up very poor, we moved house because we could no longer pay the rent. We had our difficulties, but you learn life from your mistakes, not from happiness. But what were we talking about?</strong></p>\n<p><em>Vous m’avez dit comment mais pas pourquoi vous avez fait ce que vous avez fait ?<br><strong>You've told me how but not why you did what you did?</strong></em></p>\n<p>Oh ! C'est simple. J'aimais beaucoup la musique. Mes parents m'ont appris à l'aimer. Mon père avait construit une radio de ses propres mains et de là j'écoutais Vembo, Marlene Dietrich. Il travaillait comme ingénieur de projection dans des cinémas et ma mère était chauffeur de taxi. J'ai grandi dans un cinéma, avec la musique des films américains, avec la voix de Judy Garland. Je rêvais de devenir chanteuse de jazz. Maintenant que cet album avec mes premiers enregistrements sur Hellenic Radio sort, vous ne pouvez pas imaginer l'émotion que je ressens. Je reviens à mes premiers rêves, lorsque j'apprenais à aimer la musique. Cette époque a façonné la chanteuse que je suis aujourd’hui.</p>\n<p><strong>Oh, it's quite simple. I loved music. My parents taught me to love it. My father built a radio with his own hands and from there I listened to Vembo and Marlene Dietrich. He worked as a projection engineer in cinemas and my mother was a taxi driver. I grew up in a cinema, listening to American film music and the voice of Judy Garland. I dreamt of becoming a jazz singer. Now that this album with my first recordings on Hellenic Radio is coming out, you can't imagine the emotion I feel. I'm going back to my earliest dreams, when I was learning to love music. That time shaped the singer I am today.</strong></p>\n<p><em>Vous souvenez-vous de ces enregistrements ?<br><strong>Do you remember those recordings?</strong></em></p>\n<p>Certains oui, mais beaucoup non. C'est pour ça que je vous assure que j'ai pleuré quand je me suis entendu chanter toutes ces chansons, petite fille. N'est-il pas incroyable qu'ils les aient trouvés là-bas sur ERT ? Ils auraient pu être perdus à jamais.</p>\n<p>Vous savez, j'ai échoué deux fois aux examens destinés aux jeunes interprètes pour chanter avec l'Orchestre de la Radio. J'ai réussi la troisième fois, grâce à Kostas Giannidis, qui m'a conseillé d'interpréter une chanson grecque.<br><strong>Some I do, but a lot I don't. Which is why I assure you that I cried when I heard myself singing all those songs as a little girl. Isn't it amazing that they found them there on ERT? They could have been lost forever.<br>You know, twice I failed the exams for young performers to sing with the Radio Orchestra. I passed the third time, thanks to Kostas Giannidis, who advised me to sing a Greek song.</strong></p>\n<p><em>C’est là qu’ont commencé vos importantes collaborations avec des compositeurs grecs, comme celle avec Mimi Plessas…<br><strong>That's when you started working with Greek composers, such as Mimi Plessas...</strong></em></p>\n<p>Tout à fait. J'ai rencontré Plessas à Radiofonia et en 1959 j'ai gagné le deuxième prix au Festival de la Chanson avec la chanons <em>Je connais une étoile</em> qu'il avait écrite pour moi – à cette époque j'avais aussi gagné le premier prix avec <em>Quelque part là est mon amour</em> de Manos.</p>\n<p>Mimi jouait du piano avec l'orchestre de la radio du Zappeion et faisait des quiz musicaux auxquels j'allais participer avec ma mère au milieu des années 50. Il jouait l'intro d'un morceau, le coupait, et le premier qui devinait de quelle chanson il s'agissait pouvait la chanter avec l'orchestre. J'ai donné la première réponse quand il a joué <em>Smoke gets in your eyes</em>, et cela m'a donné ma première performance radio en direct.</p>\n<p><strong>Absolutely. I met Plessas at Radiofonia and in 1959 I won second prize at the Festival de la Chanson with the song Je connais une étoile that he had written for me - at that time I had also won first prize with Quelque part là est mon amour by Manos.<br>Mimi played the piano with the Zappeion radio orchestra and used to take part in music quizzes with my mother in the mid-50s. He'd play the intro to a song, cut it, and the first person to guess which song it was would get to sing it with the orchestra. I gave the first answer when he played Smoke Gets in Your Eyes, and that gave me my first live radio performance.</strong></p>\n<p><em>Vous avez ensuite enregistré ce morceau avec Quincy Jones sur votre premier disque en Amérique.<br><strong>You then recorded this song with Quincy Jones on your first record in America.</strong></em></p>\n<p>Tout à fait. C'est la chance qui a joué un rôle, tout dans ma vie s'est déroulé comme si cela était censé m’arriver.<br>La vie continue, elle ne s'arrête pas. Vous devez vous adapter à ses changements.<br>Je ne m'attendais même pas à poursuivre une carrière à l'étranger et à voyager aux quatre coins de la planète.<br>Cela a été un choix une fois dans ma vie et j’ai simplement suivi mon instinct.<br>Vous avez mentionné Quincy Jones. J'ai aussi rencontré d'autres personnes marquantes dans mon parcours musical, comme Michel Legrand, qui m'a dit que je lui apportais du charme, et aussi Harry Belafonte.<br>Belafonte – pour raconter une petite histoire ici – a été le seul à m'avoir convaincu de me séparer de mes lunettes pour deux soirs. Le troisième soir, je me suis sentie mal sans lunettes. Ce n’était pas que j’avais perdu mon identité, c’était que je ne pouvais même pas voir.<br>Je n’ai jamais mis les lunettes pour le style, je ne cherchais pas une marque. Je les ai portés parce que j'étais myope et ils sont restés. Bien sûr, ils m’ont aussi donné un sentiment de sécurité. Alors, le troisième soir, je lui dis : « Monsieur Belafonte, même si vous ne me laissez pas mettre mes lunettes, je les prends et je reviens. Il a compris ce que je voulais dire et a reculé.<br><strong>Yes, I did. It was luck that played a part, everything in my life happened as if it was supposed to happen to me.<br>Life goes on, it doesn't stop. You have to adapt to its changes.<br>I didn't even expect to pursue a career abroad and travel to the four corners of the globe.<br>It was a choice I made once in my life and I just followed my instincts.<br>You mentioned Quincy Jones. I've also met other key people in my musical career, like Michel Legrand, who told me I brought him charm, and also Harry Belafonte.<br>Belafonte - to tell a little story here - was the only one who convinced me to part with my glasses for two nights. On the third night, I felt sick without my glasses. It wasn't that I'd lost my identity, it was that I couldn't even see.<br>I never wore the glasses for style, I wasn't looking for a brand. I wore them because I was short-sighted and they stayed on. Of course, they also gave me a sense of security. So, on the third night, I said to him: \"Mr Belafonte, even if you don't let me wear my glasses, I'll take them and come back. He understood what I meant and backed off.</strong></p>\n<p><em>Racontez-moi d'autres histoires du passé…<br><strong>Tell me more stories from the past...</strong></em></p>\n<p>Que voulez-vous que je vous raconte ; Je vais vous raconter quelque chose d'encourageant.<br>Quand je suis partie en France, j'étais encore une fille potelée et disgracieuse. Ma masion de disque a absolument insisté pour que je perde du poids et que j’améliore mon image, c'est pourquoi ils m'ont envoyé chez la diététicienne de Maria Callas. Elle m’a dit : \"Je vais te faire faire ce régime et dans deux semaines quand tu reviendras, tu aurais dû perdre cinq kilos.\" J'en ai perdu dix en deux semaines ! Ce n'était pas seulement la discipline, mais aussi la volonté d'aborder le plus correctement possible ce qui était ouvert devant moi à ce moment-là.<br><strong>What do you want me to tell you? I'll tell you something encouraging.<br>When I went to France, I was still a chubby, ungainly girl. My record company absolutely insisted that I lose weight and improve my image, so they sent me to Maria Callas' dietician. She said to me: \"I'm going to put you on this diet and in a fortnight' time when you come back, you should have lost five kilos\". I lost ten in a fortnight! It wasn't just discipline, it was the will to tackle what was in front of me at the time as correctly as possible.</strong></p>\n<p><em>Pouvez-vous aussi me parler de Bob Dylan ?<br><strong>Can you also tell me about Bob Dylan?</strong></em></p>\n<p>Leonard Cohen me l'a présenté. Ils ont eu des conversations très intéressantes et profondes sur la poésie et la vie que j'ai eu du mal à suivre. Au début, il était contre moi, il avait entendu une de mes chansons et il ne l'aimait pas.<br>Mais au fil du temps, nous avons développé une belle relation.<br>Dylan est pour moi une sorte de Nikos Gatsos et de Manos Hadjidakis : des gens qui vivent dans un esprit supérieur tentent d’expliquer la vie et recherchent la vérité. Avec Dylan, chaque fois qu’il nous arrivait de parler, c’était la première conversation : « Alors, Nana ? As-tu appris la vérité ? » Il parlait de la vérité essentielle de la vie.<br><strong>Leonard Cohen introduced me to him. They had some very interesting and profound conversations about poetry and life that I found hard to follow. At first he was against me, he'd heard one of my songs and didn't like it.<br>But over time we developed a beautiful relationship.<br>For me, Dylan is a sort of Nikos Gatsos and Manos Hadjidakis: people who live in a superior spirit, who try to explain life and seek the truth. With Dylan, every time we spoke, it was the first conversation: \"Well, Nana? Have you learned the truth?\" He was talking about the essential truth of life.</strong></p>\n<p><em>Alors, avez-vous appris cette vérité ?<br><strong>So, have you learned this truth?</strong></em></p>\n<p>Non. Je pense que je ne connaîtrai jamais la vérité de la vie. Peut-être que je l'apprendrai dans l'autre monde. Dans la chanson d'aujourd'hui, la vérité a été oubliée. Ne pensez-vous tu pas…<br><strong>No. I don't think I'll ever know the truth of life. Maybe I'll learn it in the next world. In today's song, the truth has been forgotten. Don't you think...</strong></p>\n<p><em>Pourquoi pensez-vous cela ?<br><strong>Why do you think that? </strong></em></p>\n<p>Parce que tout le monde veut arriver rapidement à quelque chose et pour y parvenir, il utilise tous les moyens.<br>Il n'a pas la patience de connaître la vérité.<br>L'apprentissage joue un rôle très important. Je me sens toujours comme une étudiante.<br>Même grâce à ce que nous faisons ici et maintenant, j'ai l'impression d'apprendre quelque chose.<br>Je ne vois pas beaucoup de jeunes qui veulent apprendre, qui veulent écouter. La plus grande chose que j'ai apprise en chantant, c'est de capitaliser et de reconnaître, non seulement les bons côtés, mais aussi les échecs.<br>Savez-vous combien d'échecs j'ai vécu ? Mais j’avais l’intelligence d’apprendre, même d’eux.<br>Si je peux donner un conseil aux jeunes musiciens d'aujourd'hui, c'est d'apprendre, de se respecter et d'être soi-même.<br><strong>Because everyone wants to achieve something quickly, and to do so they use every means at their disposal.<br>They don't have the patience to learn the truth.<br>Learning plays a very important role. I still feel like a student.<br>Even thanks to what we're doing here and now, I feel like I'm learning something.<br>I don't see many young people who want to learn, who want to listen. The biggest thing I've learnt from singing is to capitalise and recognise, not only the good things, but also the failures.<br>Do you know how many failures I've experienced? But I had the intelligence to learn, even from them.<br>If I could give one piece of advice to young musicians today, it would be to learn, to respect yourself and to be yourself.</strong></p>\n<p><em>Comment vous souvenez-vous d'Hadjidakis ?<br><strong>How do you remember Hadjidakis?</strong></em></p>\n<p>C'était une personne spéciale, très spéciale, avec du cœur et de l'humanité. Il a été assez souvent combattu, mais il n'a pas jamais abandonné. Nous aussi, nous avons eu nos disputes, mais nous nous sommes toujours aimés. Je l'ai eu pour père, comme Gatsos bien sûr. Ils m'ont mis dans la célèbre compagnie de \"Floka\" et j'ai soudain eu l'impression d'être au paradis avec ce que j'entendais. J'étais la seule fille de ce grand groupe. Ils m'ont fait me sentir grec.<br><strong>He was a special person, very special, with heart and humanity. He was fought over quite often, but he never gave up. We too had our arguments, but we always loved each other. I had him for a father, as did Gatsos of course. They put me in the famous \"Floka\" company and I suddenly felt like I was in heaven with what I was hearing. I was the only girl in this great group. They made me feel Greek.</strong></p>\n<p><em>Avez-vous déjà eu envie d’oublier votre identité grecque ?<br><strong>Have you ever been in competition with anyone?</strong></em></p>\n<p>Jamais ! Au contraire. En quittant la Grèce, je me sentais heureuse mais aussi très responsable. J'avais deux choses en tête : la première était de ne pas me laisser entraîner dans de mauvaises voies et d'avoir des ennuis. La seconde, était de mettre en valeur mon identité grecque. J'avais peur de me tromper, car alors ils se retournaient et disaient : « Avez-vous vu ce que la Grecque a fait ? » Je n'ai jamais voulu provoquer ça. J'ai toujours porté la Grèce en moi avec amour et fierté. J’ai fait chanter tant de gens en langue grecque ! Ce n'est pas rien.<br><strong>Never! Quite the opposite. When I left Greece, I felt happy but also very responsible. I had two things in mind: the first was not to let myself be led down the wrong path and get into trouble. The second was to emphasise my Greek identity. I was afraid of getting it wrong, because then they'd turn round and say, \"Did you see what the Greek girl did?\" I never wanted to provoke that. I've always carried Greece inside me with love and pride. I've made so many people sing in Greek! That's no mean feat.</strong></p>\n<p><em>Avez-vous été en compétition avec quelqu’un ?<br><strong>Have you ever been in competition with anyone?</strong></em></p>\n<p>Jamais avec personne. Seulement avec moi-même. J'étais toujours à la recherche de l'amour.<br><strong>Never with anyone. Only with myself. I was always looking for love.</strong></p>\n<p><em>Avez-vous aimé ou aimé davantage ?<br><strong>Did you love or love more?</strong></em></p>\n<p>Et l'un et l'autre. Je me souviens quand j'étais petite, mon père disait à ma mère : « Tu m'écoutes, Alice ? Les avions sont arrivés, la guerre a commencé. »<br>Et puis je lui pose une question : \"Papa, qu'est-ce que la guerre ?\" Il ne m'a pas répondu. Puis, alors qu'il faisait ses valises pour partir se battre, je lui ai demandé à nouveau. Il me dit : \"Je te dirai à mon retour ce qu'est la guerre\".<br>Quand il est revenu vivant, je n'oublierai jamais ce que je te dis, il m'a pris dans ses bras et m'a dit : « Maintenant, je sais quoi te dire. Les gens font la guerre quand ils ne s’aiment pas. »<br>C'est ce qui me reste et je peux vous dire que toute ma vie j'ai cherché l'amour. Jusqu'à mon dernier souffle, je chercherai l'amour.<br>J'ai existé par amour et par amour. Je parle de toutes les formes d'amour, je ne parle pas d'amour physique. Après tout, l’amour physique n’a jamais été quelque chose qui m’a attiré.<br><strong>Both. I remember when I was little, my father would say to my mother: \"Are you listening to me, Alice? The planes have arrived, the war has begun\".<br>And then I asked him a question: \"Dad, what is war?\".<br>He didn't answer me. Then, as he was packing his bags to go and fight, I asked him again.<br>He said, \"I'll tell you what war is when I get back\".<br>When he came back alive, I'll never forget what I'm telling you, he took me in his arms and said: \"Now I know what to tell you. People go to war when they don't love each other\".<br>That's what I have left and I can tell you that all my life I've been looking for love. Until my last breath, I'll be looking for love.<br>I have existed for love and for love. I'm talking about all forms of love, not just physical love. After all, physical love was never something that attracted me.</strong></p>\n<p><em>La musique était-elle au-dessus de l'amour ?<br><strong>Was music above love?</strong></em></p>\n<p>C’est exactement ça.<br>J'étais passionné par le chant, pas par l'amour.<br>D'une manière ou d'une autre, j'avais oublié la femme en moi. Je me suis dit, tu n'es ni belle, ni rien, oublie tout ça et de consacre-toi à la musique.<br>Heureusement, mon ex-mari et mon mari actuel étaient tous deux impliqués dans la musique. Je n’aurais jamais pu vivre avec quelqu'un juste par amour.<br>J'ai des amis très mignons qui font ça. Mais nous ne sommes pas tous pareils. Je n'abandonnerai jamais la musique par amour, c'est pourquoi j'ai divorcé de mon premier mari. Il m'a demandé de retourner en Grèce pour élever nos enfants et j'ai refusé. Je voulais continuer mon chemin à l’étranger. Puis, bien sûr, est entré dans ma vie André Chapelle, nous sommes ensemble depuis de nombreuses années. Au début, je disais : \"Il est trop français pour moi !\". En chemin, j’ai appris à aimer beaucoup André. Il n’était pas seulement mon producteur, il était et reste mon homme. Le voyez-vous me regarder de l’autre côté de la rue maintenant ? À quel point est-il protecteur ?<br><strong>That's exactly it.<br>I was passionate about singing, not about love.<br>Somehow I had forgotten about the woman in me. I said to myself, you're not beautiful or anything, forget all that and devote yourself to music.<br>Fortunately, my ex-husband and my current husband were both involved in music. I could never have lived with someone just for love.<br>I have some very cute friends who do that. But we're not all the same. I'll never give up music for love, which is why I divorced my first husband. He asked me to return to Greece to raise our children and I refused. I wanted to continue my path abroad. Then, of course, André Chapelle came into my life; we've been together for many years. At first, I said, \"He's too French for me! But along the way I came to like André a lot. He wasn't just my producer, he was and remains my man. Do you see him looking at me from across the street now? How protective is he?</strong></p>\n<p><em>Est-il vrai que vous avez été courtisée par Alain Delon ?<br>Is it true that you were courted by Alain Delon?</em></p>\n<p>Oui ! Mais il y a très longtemps. Je l'ai arrêté dès le début, car j'étais aussi mariée. Il a un an de moins que moi et il me taquinait toujours en disant : \"N'oublie pas que tu es plus âgée que moi !\". Je l'aime beaucoup.<br><strong>Yes, but that was a long time ago. I stopped him from the start, because I was also married. He's a year younger than me and he was always teasing me, saying: \"Don't forget that you're older than me! I'm very fond of him.</strong></p>\n<p><img loading=\"lazy\" title=\"2403.jpg\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/img/2403.jpg\" alt=\"2403.jpg\" width=\"904\" height=\"823\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p><em>Je voulais vous demander…<br><strong>I wanted to ask you...</strong></em></p>\n<p>Juste une minute. Avant de me le demander. Vous voyez quelle belle lune il fait ce soir ? Regardez quelle belle image, comme elle brille derrière les arbres. Y a-t-il une pleine lune aujourd'hui ? [Elle fredonne <em>la Lune de Papier</em>].<br>Ma grande bénédiction est que le monde entier a chanté <em>la Lune de Papier</em>. Bien sûr, c'est la chanson de Melina, mais Manos a dit que Melina la chantait comme une actrice, alors que moi, je la chantais comme une chanteuse.<br>Gatsos m'a dit un jour : \"Nana, tu comprends exactement ce que tu chantes ?\". J'ai paniqué. Je lui dis : « M. Gatsos, comment voulez-vous que je le chante ? Un certain temps a passé, je l'ai chanté encore et encore et un soir, Gatsos est venu et m'a dit : \"A partir de maintenant, il n'y aura personne d'autre qui le chantera mieux que toi. Ce n’est pas seulement que vous le comprenez, mais que vous le vivez absolument. » J'ai pris ce fardeau sur moi.<br>Maintenant, vous allez me rendre émotive et je ne veux pas.<br><strong>Just a minute. Before you ask me. Do you see what a beautiful moon it is tonight? Look what a beautiful picture, how it shines behind the trees. Is there a full moon today? [She hums the Paper Moon].<br>My great blessing is that the whole world has sung the Paper Moon. Of course, it's Melina's song, but Manos said that Melina sang it like an actress, whereas I sang it like a singer.<br>Gatsos said to me one day: \"Nana, do you understand exactly what you're singing? I panicked. I said to him, \"Mr Gatsos, how do you expect me to sing it? Some time went by, I sang it over and over again and one evening Gatsos came and said to me: \"From now on, there won't be anyone else who can sing it better than you. It's not just that you understand it, but that you absolutely live it.\" I took that burden upon myself.<br>Now you're going to make me emotional and I don't want to.</strong></p>\n<p><em>Qu'est-ce qui vous passionne ?<br><strong>What are you passionate about?</strong></em></p>\n<p>Savez-vous pourquoi je pleure ? Vous me demandez toutes ces choses, en toute innocence, mais je me souviens encore du bon vieux temps. Tout ce que je vous ai dit ne peut pas simplement être raconté sans que quelque chose ne bouge en vous. Vous me faites me souvenir de ma vie, penser aux choses, qu'elles aient été bien ou mal faites.<br>Dois-je vous dire quelque chose ? Je ne voudrais pas que quelque chose change. Quoi que j’ai fait, je l’ai fait. Et j'ai encore beaucoup à faire.<br>Tout ce que je souhaiterai maintenant, c'est de pouvoir avoir mon père et ma mère ici à mes côtés. Mon rêve de devenir chanteuse était plutôt le rêve de ma mère. Elle le voulait, elle avait une belle voix, mais elle ne pouvait pas. De toute façon. Je vous vois, vous voulez me demander autre chose…</p>\n<p><strong>Do you know why I cry? You ask me all these things, in all innocence, but I still remember the good old days. Everything I've told you can't simply be told without something stirring inside you. You make me remember my life, think about things, whether they were right or wrong.<br>Shall I tell you something? I wouldn't want anything to change. Whatever I've done, I've done. And I still have a lot to do.<br>All I want now is to be able to have my mum and dad here by my side. My dream of becoming a singer was more my mother's dream. She wanted to, she had a beautiful voice, but she couldn't do it. She couldn't anyway. I see you want to ask me something else...</strong></p>\n<p><em>Il y a quelques jours, vous avez fêté votre anniversaire, vous avez eu 89 ans. L'année prochaine, à 90 ans, préparerez-vous une tournée de célébration, comme par le passé ?<br><strong>A few days ago, you celebrated your birthday, you were 89. Next year, when you turn 90, will you be preparing a celebratory tour, as you have in the past?</strong></em></p>\n<p>Vous pensez que je peux me le permettre ? Pourquoi pas.. [rires]. Laissez-moi vous dire que je n'ai jamais pensé à mon âge. Je me suis toujours sentie plus âgée que les autres, quel que soit mon âge.<br>Dernièrement, j'ai pensé à la fin. Je pense à ce qu'il adviendra de mon mari, ce qu'il adviendra de mes enfants. Par contre, je me dis, je vais retrouver ma maman, mon papa, Manos, tous mes amis qui sont partis. Mais je n'y pense pas en profondeur. À un moment donné, j'aborderai également le thème de la mort. Pour l’instant, je vous l’ai dit, j’ai encore beaucoup à faire.<br><strong>Do you think I can afford it? I don't see why not. [laughs]. Let me tell you, I've never thought about my age. I've always felt older than everyone else, whatever my age.<br>Lately, I've been thinking about the end. I think about what will happen to my husband, what will happen to my children. On the other hand, I say to myself, I'm going to find my mum, my dad, Manos, all my friends who have left. But I don't think about it in depth. At some point, I'll also broach the subject of death. For the moment, as I said, I still have a lot to do. </strong></p>\n<blockquote>\n<p><img loading=\"lazy\" title=\"quote.png\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/img/quote.png\" alt=\"quote.png\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n</blockquote>\n<p>Vlasis Kostouros est né en 1993 à Athènes et a grandi à Corinthe. Il étudie les sciences politiques à la faculté de droit de l’université d’Athènes mais se laisse rapidement conquérir par le journalisme. Depuis 2018, il est directeur culturel de Vogue Grèce et rédacteur invité du périodique K de Kathimerini.<br><strong>Vlasis Kostouros was born in Athens in 1993 and grew up in Corinth. He studied political science at the Faculty of Law at the University of Athens, but was soon won over by journalism. Since 2018, he has been cultural director of Vogue Greece and guest editor of Kathimerini's K periodical.</strong></p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"137\" data-is-external-image=\"true\"><br>Artwork : Olympia Krasagaki / PhB</p>\n</section>",
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            "summary": "Le 1er novembre 2023 est sorti un double album intitulé \"Radio Days\", avec 24 chansons inédites enregistrées à la radio nationale grecque dans les années 50 et 60. On peut les trouver en ligne en mp3, en flac hi-res [16-Bit/44.1 kHz], en CD ou LP.",
            "content_html": "<section>\n<p>Le 1er novembre 2023 est sorti un double album intitulé \"Radio Days\", avec 24 chansons inédites enregistrées à la radio nationale grecque dans les années 50 et 60. On peut les trouver en ligne en mp3, en flac hi-res [16-Bit/44.1 kHz], en CD ou LP.</p>\n<p><strong>On 2023 November 1st, a double album entitled \"Radio Days\" was launched, including 24 previously unreleased songs recorded at the Greek national radio during 50s and 60s. They can be bought in mp3 or hi-res flac files [16-Bit/44.1 kHz], in CD or LP.</strong></p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/gmio5j90o5dda_600.jpg?1699093761759\" alt=\"\" width=\"600\" height=\"600\" data-spxtynimce=\"true\" data-is-external-image=\"true\"></p>\n<p><strong>Disque 1</strong></p>\n<p><strong>Perase Ilie (Ftohogitonies)</strong><br>The Sun Has Passed (Poor Neighborhoods) – Mimis Plessas &amp; Kostas Pretenteris (With Mimi Plessa's Quartet)</p>\n<p><strong>Pios To Kserei</strong><br>Who Knows – Mimis Plessas &amp; Kostas Pretenteris (With Mimi Plessa's Quartet)<br><br><strong>Ti Krima (To Monopati Pirame)</strong><br>Ti Krima (We Took The Path) – Mimis Plessas &amp; Kostas Kindynis (With Mimi Plessa's Quartet)</p>\n<p><strong>Sti Mikri Grafiki Gitonia</strong><br>In The Small Graphic Neighborhood – Mimis Plessas &amp; Giorgos Economidis (With Mimi Plessa's Quartet)<br><br><strong>Poso Ligo M' Agapouses</strong><br>How Little You Loved Me – Mimi Plessas &amp; Kostas Preteneris (With Mimi Plessa's Quartet)<br><br><strong>To Tragoudi Tis Katharas Defteras</strong><br>The Song Of Pure Second – Mimi Plessa &amp; Nestor Matsa (With The Quartet Of Mimi Plessa)<br><br><strong>Protomagia</strong><br>First Match – Mimis Plessas &amp; Giorgos Economidis. With Mimi Plessa's Quartet</p>\n<p><strong>Na Min Pistevis Se Oneira</strong><br>Don't Believe In Dreams – Mimi Plessas With Mimi Plessa's Quartet<br><br><strong>Kali Adamosi Matakia Galana</strong><br>Good Reward Matakia Galana – Niky Yakovelf &amp; Pythagoras (With The Light Music Orchestra Of E.I.R.)<br><br><strong>I Istoria Mas</strong><br>Our History – Kostas Klavvas &amp; Kostas Kofiniotis (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Conducted By Kostas Klavvas)<br><br><strong>Kapio Mistiko</strong><br>Some Secret – Kostas Yiannidis, Vasilis Spiropoulos &amp; Panagiotis Papadoukas (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Conducted By Zak Iakovidis)<br><br><strong>Ehete Dikio As Allaxoume Omilia</strong><br>You're Right, Let's Change Speech – Kleon Triantafyllou &amp; Attic (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Conducted By Kostas Kapnisis)</p>\n<p> </p>\n<p><br><strong>Disque 2</strong></p>\n<p><strong>Proxthes Ston Ipno Mou</strong><br>You Were In My Sleep – Niky Yakovelf &amp; Pythagoras (With E.I.R.'S Light Music Orchestra)</p>\n<p><strong>Ena Aspro Sinnefo</strong><br>A White Cloud – Gerasimos Lavranos (With The Light Music Orchestra Of E.I.R.)</p>\n<p><strong>Ti Krima Agapi Mou</strong><br>What A Sorry My Love – Yiannis Spartakos &amp; Emilios Savvidis (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Conducted By Kostas Klavvas)<br><br><strong>Peristeraki</strong><br>Peristeraki – Stavros Kouyoumtzis (With The Light Music Orchestra Of E.I.R.)</p>\n<p><strong>Kali Sou Ora Agapi Mou</strong><br>Good Time My Love – Leandros Kokkoris &amp; Kostas Preteneris (With The Music Ensemble Of Leandros Kokkoris)<br><br><strong>Kathe Agapi (Dio Heilakia Lene S' Agapo)</strong><br>Every Love (Two Hands Say I Love You) – Kleon Triantafyllou &amp; Attic (With The E.I.R. Light Music Orchestra, Conducted By Alekos Aenian)<br><br><strong>Kapio Savvatokiriako</strong><br>Some Weekend – Kostas Klavvas &amp; Kostas Kofiniotis (With The E.I.R. Light Music Orchestra, Conducted By Kostas Klavvas)</p>\n<p><strong>Gia Sena Anthizi Oli I Gi</strong><br>The Entire Earth Blooms For You – Takis Morakis &amp; Kostas Nikolaidis (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Conducted By Kostas Kapnisis)</p>\n<p><strong>Kane Ligaki Ypomoni</strong><br>Have A Little Patience – Michalis Sougiul &amp; Christos Giannakopoulos (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Conducted By Kostas Klavvas)</p>\n<p><strong>Apo Tote Pou S' Ehasa</strong><br>Since I Lost You - Akis Smirnaios &amp; Kostas Kofiniotis (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Directed By Akis Smirnaios)<br><br><strong>Einai Oreo N' Agapas</strong><br>Love Is Beautiful – Christos Chairopoulos &amp; Yiannis Fermanoglou (With The Light Music Orchestra Of E.I.R. Conducted By Alekos Aenian)</p>\n<p><strong>Kathe Vradaki Stis Okto</strong><br>Every Evening At Eight – Tassos Vabaris &amp; Kostas Kofiniotis (With The E.I.R. Light Music Orchestra, Conducted By Kostas Kapnisis)</p>\n<p> </p>\n<p>Liens  |<strong> Links</strong><br><br><a href=\"https://www.amazon.fr/dp/B0CM41N77F\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.amazon.fr/dp/B0CM41N77F</a></p>\n<p><a href=\"https://www.musicme.com/Nana-Mouskouri/albums/Radio-Days-0602455863539.html\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.musicme.com/Nana-Mouskouri/albums/Radio-Days-0602455863539.html</a></p>\n<p><a href=\"https://www.qobuz.com/fr-fr/album/radio-days-nana-mouskouri/gmio5j90o5dda\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.qobuz.com/fr-fr/album/radio-days-nana-mouskouri/gmio5j90o5dda</a></p>\n<p><a href=\"https://www.worldrecords.gr/product/nana-mouschouri-nana-mouskouri-radio-days-2cd/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.worldrecords.gr/product/nana-mouschouri-nana-mouskouri-radio-days-2cd/</a></p>\n<p><a href=\"https://www.greekmusicshop.gr/index.php?route=product/product&amp;product_id=15897\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.greekmusicshop.gr/index.php?route=product/product&amp;product_id=15897</a></p>\n<p><a href=\"https://www.worldrecords.gr/product/nana-mouschouri-nana-mouskouri-radio-days-2lp/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.worldrecords.gr/product/nana-mouschouri-nana-mouskouri-radio-days-2lp/</a></p>\n<p> </p>\n<p><strong>News</strong></p>\n<p><a href=\"https://www.google.com/search?q=nana+mouskouri+radio+days&amp;sca_esv=579408689#ip=1\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.google.com/search?q=nana+mouskouri+radio+days&amp;sca_esv=579408689#ip=1</a></p>\n<p><a href=\"https://thetimes.gr/nana-mouskouri-radio-days-%CE%B1%CE%BD%CE%AD%CE%BA%CE%B4%CE%BF%CF%84%CE%B1-%CF%84%CF%81%CE%B1%CE%B3%CE%BF%CF%8D%CE%B4%CE%B9%CE%B1-%CF%84%CE%B7%CF%82-%CE%BD%CE%AC%CE%BD%CE%B1%CF%82-%CE%BC%CE%BF%CF%8D/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://thetimes.gr/nana-mouskouri-radio-days</a></p>\n<p><a href=\"https://greekcitytimes.com/2023/11/02/nana-mouskouri-24-songs/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://greekcitytimes.com/2023/11/02/nana-mouskouri-24-songs/</a></p>\n<p><a href=\"https://www.ekathimerini.com/culture/1224196/unpublished-nana-mouskouri-gems-in-one-double-album/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">https://www.ekathimerini.com/culture/1224196/unpublished-nana-mouskouri-gems-in-one-double-album/</a></p>\n<p> </p>\n<p><img loading=\"lazy\" src=\"https://nana-mouskouri.alwaysdata.net/data/medias/2r.jpg\" alt=\"\" width=\"223\" height=\"137\" data-is-external-image=\"true\"><br><br>Artwork : Universal / Nana Mouskouri / PhB</p>\n</section>",
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            "date_published": "2023-10-04T16:34:00+02:00",
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